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Regain des cas de kidnapping dans la capitale

Regain des cas de kidnapping dans la capitale



Ce week-end, plus d’une dizaine de personnes, dont deux citoyens français, ont été enlevées dans la zone métropolitaine de Port-au-Prince. Une situation déplorée par le Quai d’Orsay et la presse française qui en a profité pour évoquer le contexte politique instable du pays depuis plus de trois ans.

Libération, France 24, l’Express, BFMTV, Europe1, 20 minutes, le Point et le Parisien font partie de plus d’une dizaine de médias français ayant relayé l’information. Avec l’enlèvement de ces deux Français, le pays est revenu au cœur de l’actualité internationale, après celui des deux Dominicains en février dernier. Les personnes enlevées ce week-end sont en majeure partie des membres de l'Église catholique en Haïti. Selon les dernières informations fournies par l’Archevêché de Port-au-Prince, 10 parmi les 13 personnes enlevées font partie de la congrégation Saint-Jacques. Il s’agit de cinq prêtres (Evens Joseph, Michel Briand, Jean Nicaisse Milien, Joel Thomas, Hugues Baptiste), deux religieuses (Anne Marie Dorcélus, Agnès Bordeau), et trois membres de la famille du père Arnel Joseph (Oxane Dorcélus, Lovely Joseph, Welder Joly. Ces enlèvements ont eu lieu au moment où ces personnes se rendaient à la cérémonie d’installation du père Arnel Joseph comme curé de la paroisse Immaculé Conception de Galette-Chambon.

Moins de 24 heures après, le parquet de Paris annonce l’ouverture d’une enquête pour « enlèvement et séquestration en bande organisée ». L’enquête est confiée à l'Office central de lutte contre le crime organisé (OCLCO), selon le parquet qui a souligné une demande de rançon très élevée, soit 1 million de dollars américains. En plus des 10 membres de l'Église catholique, d’autres personnes, dont le directeur médical au siège central de l’Ofatma, Dr André Junior Valenbrun, et Yves Benoit Jean-Marie, un haut dignitaire de la Franc-maçonnerie haïtienne, ont été aussi enlevés, durant le week-end écoulé. Si Yves Benoit Jean-Marie a été immédiatement libéré, sans versement de rançon, le médecin et les membres de l'Église catholique sont encore entre les mains des ravisseurs. C’était un week-end assez fructueux pour les ravisseurs qui exigent au moins 1 million pour chaque cas d’enlèvements.

D’habitude, le pouvoir exécutif ne se prononce pas sur les cas de kidnapping et d’insécurité dans le pays. Mais en raison des deux Français qui sont impliqués dans cette situation, le ministère des Cultes s’est empressé de condamner l’enlèvement suivi de séquestration des religieux de la communauté religieuse de Saint-Jacques. Tout en les invitant de collaborer avec les instances concernées pour le retour des personnes séquestrées chez elles, le ministère des Cultes demande à la Nonciature apostolique, la Conférence épiscopale d’Haïti (CEH), au clergé et aux proches des personnes enlevés de garder leur calme. Sur son compte Twitter, le chef de l’État, Jovenel Moise, invite le peuple haïtien à s’armer de courage face au phénomène d’insécurité, du banditisme et d’enlèvement contre rançon. Selon lui, s’il était possible de résister contre le phénomène de « pays lock » et la cherté de la vie, on ne doit pas reculer face aux assassins qui terrorisent la population haïtienne.

Le Quai d’Orsay promet de travailler en étroite collaboration avec les autorités haïtiennes dans l’idée de faciliter la libération des victimes. Mais pour des raisons d’efficacité et de sécurité, le centre de crise et de soutien du ministère de l'Europe et des Affaires étrangères s’autorise à garder la plus grande discrétion dans ce type de situation. Alors que la presse haïtienne et internationale parle d’un regain de l’insécurité et une détérioration du climat politique, la Primature parle d’une baisse du phénomène. Ce lundi, le Premier ministre haïtien, Joseph Jouthe, a parlé d’une diminution des cas d’enlèvements depuis la décision de révoquer l’autorisation de teinte des véhicules, hormis les véhicules officiels et ceux appartenant aux missions diplomatiques. La Conférence haïtienne des religieux (CHR), qui qualifie d’inhumaine la situation en Haïti, exprime son chagrin, sa colère, et demande aux citoyens de se révolter contre cette situation.

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