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Élections américaines du 3 novembre: pour qui sonne le glas?

Élections américaines du 3 novembre: pour qui sonne le glas?



Nous sommes déjà à quelques heures de l’élection présidentielle américaine qui ne concerne pas seulement le peuple américain, mais aussi le monde entier. Ce soir du 3 novembre 2020 tous les chefs d’États de notre planète auront leurs yeux et leur attention braqués sur les rives du Potomac, car du résultat de ces élections dépendront bien des décisions tant au niveau des États qu’au niveau des organisations internationales ou même des marchés financiers.


La bataille électorale du 3 novembre 2020 ne sera pas seulement une bataille entre deux candidats au fauteuil présidentiel des États-Unis. Ce sera aussi une bataille entre deux visions du monde diamétralement opposées l’une à l’autre. Ce sera in fine un gigantesque combat entre l’isolationnisme prôné et pratiqué par Donald Trump au cours de ces quatre dernières années et un multilatéralisme modéré incarné par Joe Biden qui, certainement, suivra la trace de ces prédécesseurs démocrates sur cette voie. Ce sera aussi une bataille entre une Amérique paléoconservatrice qui veut se replier sur elle-même pour défendre les valeurs fondamentales du « homeland » et une Amérique plus ouverte sur le monde et exerçant son leadership via une certaine forme de multilatéralisme. Quelle option aura la victoire finale ce 3 novembre 2020?

Personne ne le sait encore même si les partisans qu’ils soient républicains ou démocrates espèrent que ce soit leur candidat. Les sondages penchent en faveur de Joe Biden et de Kamala Harris. Mais l’ombre de novembre 2016 plane encore sur l’espace électoral américain. La dialectique du vote populaire et des Grands Électeurs est plus que jamais vivace et rend le système politique américain très volatil en période électorale malgré la force et la puissance des institutions du pays de Franklin Delanoë Roosevelt. Tout comme en 2016, Donald Trump l’imprévisible va-t-il nous réserver une nouvelle surprise et donner un coup de Jarnac à ses adversaires démocrates ? En fait, tout va dépendre du peuple américain et des changements dans la balance des forces électorales que ce soit au niveau des États, des partis politiques ou des citoyens électeurs. Donald Trump et le Parti républicain peuvent compter sur le soutien sans faille de 85 % des États du Midwest, ils peuvent aussi compter sur des États comme le Texas, la Géorgie, le Michigan, l’Ohio, etc.


Les failles géographiques de Donald Trump et du Parti républicain


En 2016, Donald Trump avait gagné par les voix de 306 Grands Électeurs. Pour être élu, un candidat doit obtenir 270 voix. Si le Parti républicain perd le Texas et ses 38 voix, il y a de gros risques pour que Donald Trump perde ces élections. S’il perd la Georgie et la Floride, il sera battu aussi. Bien sûr, nous partons de l’hypothèse que les démocrates arrivent à percer une brèche suffisamment large dans ses trois États clés pour que les carottes soient cuites dès 21 h du soir pour le seigneur de Mar A Largo. Les démocrates devront percer aussi d’autres brèches au nord dans la « Rustbelt » où se trouvent des États importants comme l’Ohio et le Michigan. C’est dans ces États du sud et du nord que va se décider les élections présidentielles du 3 novembre prochain. Car, sur le plan de la géopolitique électorale les démocrates sont solidement retranchés à l’ouest autour de la Californie et au nord-est autour de New York tandis que les républicains sont très puissants dans le Midwest et le Sud-est. Le dispositif géopolitique des démocrates est quasiment inattaquable dans ses retranchements, mais apparemment le dispositif républicain présente des failles liées à certains paramètres d’ordre conjoncturels comme la démographie, la mobilisation généralisée des électeurs démocrates, la mauvaise gestion de la Covid-19 par Donald Trump, etc. Les failles du dispositif républicain autour de Donald Trump se trouvent comme nous l’avions dit déjà en Floride et en Géorgie tout particulièrement et peut être au Texas et dans la Rustbelt. Le gros problème des démocrates c’est que leur candidat Joe Biden n’est pas charismatique et est incapable de séduire massivement les foules et les électeurs réticents. Le gros problème de Donald Trump ce sont ses outrances, mais son électorat de base aime bien son comportement atypique, mais il doit voir au-delà de cet électorat et prendre en compte les républicains modérés dont la plupart se sentent proches potentiellement proche de Joe Biden en raison de son profil de centre-droit. Cela signifie-t-il qu’une large fraction des électeurs modérés du parti républicain iront voter pour Joe Biden? Grosse question à un million de dollars.


Des élections sous haute tension


En raison de toutes ces incertitudes et de tous ces paramètres, les élections du 3 novembre 2020 seront inévitablement des élections sous haute tension. D’un côté comme de l’autre, on se prépare à des manifestations massives post-électorales car les esprits sont particulièrement échauffés.

La démocratie américaine est-elle en danger?

Nous ne le pensons pas, car les institutions y sont très fortes, mais les extrémistes de tous bords cohabitent avec une masse modérée. Ce qui n’est pas suffisant peut-être pour empêcher les débordements des partisans du « black matters » ou de « l’alt-right » dans sa version populiste. Pour beaucoup d’électeurs démocrates, il faudra en finir avec le « cauchemar » Trump et pour nombre de républicains il faudra assurer la pérennité de la révolution paléoconservatrice de Donald Trump. Soit dit en passant il importe de remarquer que mine de rien M. Trump comme un magicien a fait passer le Parti républicain d’un conservatisme traditionnel et bon chic bon genre à un paléoconservatisme issu des années 50. Le plus célèbre représentant de ce courant politique aux États-Unis fut, à un certain moment, Pat Buchanan, archétype même de l’isolationniste aux États-Unis et ancien candidat à la présidence. Tout le problème à résoudre maintenant par l’analyste est de savoir si cette base du conservatisme modéré du Parti républicain votera pour Donald Trump. Un véritable choix cornélien pour ce secteur de l’électorat américain.

En 2016, à part quelques exceptions, il avait voté massivement pour M. Trump et permis l’accession de ce dernier à la Maison-Blanche. Il en sera de même peut-être en 2020 afin de préserver l’avenir politique du Parti républicain. Cependant on ne peut s’empêcher de constater que la base du Parti républicain est sans doute en train de changer d’un point de vue idéologique pour passer du conservatisme modéré au paléoconservatisme isolationniste ou même à un certain extrémisme de droite. Mais à bien réfléchir, cette crise idéologique latente qui mine la base du Parti républicain est sans doute le reflet de la diversité idéologique croissante du pays de William Faulkner.


La diversité de l’espace politique américain.


En effet d’un point de vue politique, les États-Unis sont très divers, car il n’y a pas que des démocrates ou des républicains dans ce pays. Le spectre politique est beaucoup plus large. En effet, outre les partis démocrate et républicain il existe aussi beaucoup d’autres partis qui reflètent la diversité politique de la nation américaine, mais pour des raisons d’ordre électoral cette diversité est le plus souvent étouffée par l’hégémonie des deux grands partis majeurs qui à bien regarder sont plutôt dans les faits des plateformes électorales, des machines à gagner des élections. Ces partis sont entre autres le Parti libertarien, le Parti socialiste, le Parti des Verts qui est un parti écologique, etc. Il existe même un Parti communiste dont les très mauvaises langues disent que c’est une succursale du FBI.

Remarquons en passant que la fameuse Mme Jeane Kirkpatrick qui fut chef du Département d’État lors de la Présidence de Ronald Reagan et qui inventa le concept de « dictature autoritaire » fut dans sa jeunesse un membre actif d’un parti d’extrême gauche dénommé « Social-Democrats USA » issu d’une scission avec le Parti socialiste américain. Cette digression permettra sans doute aux lecteurs de cet article de comprendre que le spectre politique américain ne se limite pas seulement aux démocrates et aux républicains.


Le 3 novembre, c’est dans quelques jours pour ne pas dire quelques heures. Le monde entier, en dépit de la pandémie de la Covid, attend avec impatience la tenue de ces joutes électorales pour savoir qui vaincra des républicains ou des démocrates non seulement pour la Présidence et le Congrès, mais aussi pour les postes de sénateurs et de gouverneurs. Une nouvelle configuration se dessine dans l’espace politique américain pour les quatre prochaines années. Une vague bleue va t-elle submerger l’Amérique?

Les républicains de Donald Trump sauront-ils et pourront-t-ils endiguer cette vague? Il n’est que d’attendre.


Azad Belfort

Spécialiste de Relations internationales

WhatsApp:509-3170-4502




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