Plusieurs organisations politiques dont le Mouvman Angajman pou Chanjman (MACH), le Collège National des Démocrates (CND), l’Union des Patriotes pour le Développement d’Haïti (UPADH) et le Parti Nouvelle Perspective (PNP), ont vivement dénoncé le décret électoral publié par le gouvernement dirigé par Alix Didier Fils-Aimé à travers une note de presse publiée le 8 juin 2026.
Ces structures politiques condamnent détérioration de la situation sécuritaire à travers le pays et accusent les autorités de complicité par leur inaction face aux violences armées. Dans cette note, les organisations signataires dénoncent les massacres, pillages et déplacements forcés enregistrés dans plusieurs régions du pays, notamment dans la plaine du Cul-de-Sac, à Santo ainsi que dans l’Artibonite.
Des milliers de familles sont contraintes de fuir leurs domiciles sous les attaques des groupes armés, abandonnant biens et terres.
Une situation qui résulte de "l’échec total de l’appareil sécuritaire de l’État " et dénoncent l’absence de vision stratégique du gouvernement de transition dirigé par Alix Didier Fils-Aimé. Le silence des autorités face à cette crise équivaut à une " complicité criminelle contre le peuple haïtien ".
Concernant le décret électoral récemment publié, les partis politiques dénoncent un texte qu’ils jugent anticonstitutionnel et arbitraire. Ils critiquent notamment le remplacement du Directeur exécutif du CEP par un Directeur général, l’exigence de 100 000 adhérents pour les partis politiques, ainsi que les frais d’inscription jugés excessifs pour les candidatures.
Les organisations politiques considèrent que ces mesures visent à écarter les jeunes partis émergents du processus électoral et à concentrer le pouvoir entre les mains d’une élite politique. Elles menacent également de se retirer du processus électoral si le décret reste en vigueur.
Dans leur déclaration, les signataires condamnent aussi des contrats liés à la sécurité des frontières et à l’exploitation minière, qu’ils qualifient de décisions irresponsables hypothéquant l’avenir du pays.
Par ailleurs, les organisations critiquent la position du Bureau Intégré des Nations Unies en Haïti (BINUH), qui avait salué la publication du décret électoral. Elles estiment que l’institution internationale cautionne ainsi un texte élaboré sans concertation nationale.
Les partis signataires de la note disent rejeter catégoriquement le décret électoral publié par le gouvernement. Ils affirment toutefois soutenir les efforts du Conseil Électoral Provisoire (CEP) en faveur de la tenue d’élections crédibles et transparentes, dans le strict respect de la Constitution. Les organisations demandent le retrait immédiat du décret, le respect des institutions compétentes et invitent les acteurs nationaux et internationaux à rester vigilants face aux dérives qu’elles dénoncent. Elles appellent également les forces vives de la Nation à se mobiliser pacifiquement afin de défendre la Constitution et l’État de droit.
À travers cette note, les partis signataires réclament notamment la démission du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, la mise en place d’un gouvernement de transition consensuel, le rétablissement de la sécurité nationale, ainsi que l’organisation d’élections libres, honnêtes et inclusives dans le respect de la Constitution.
Sorah Schamma Joseph
