La Commission interaméricaine des droits de l'homme (CIDH) a constaté judicieusement la violation des droits humains en Haïti durant ces 4 dernières années (2018-2022). Étant le pays, le plus pauvre du continent américain, des éléments structurels et plein d'autres obstacles empêchent la jouissance des droits fondamentaux. En ce sens, le besoin est croissant pour une protection de la population haïtienne par les États de la région, mais aussi dans le cadre de la coopération internationale, a confié l'organisation.
Le premier cycle, concernant la crise haïtienne, est caractérisé par une augmentation des protestations sociales motivées par le mécontentement économique, social et politique, ainsi que par les efforts de consolidation d'une institution électorale au milieu de processus de contestation et l'expiration des mandats de 119 députés et de deux tiers des sénateurs ; une situation qui a laissé le pouvoir législatif sans quorum parlementaire pour son fonctionnement. Le deuxième cycle s'est traduit par l'assassinat crapuleux du président de la République, Jovenel Moïse, ce qui a compliqué et aggravé la crise politique, institutionnelle et économique en Haïti, a confié la CIDH dans son rapport NO 001/23.
En conséquence, la sécurité citoyenne est de plus en plus menacée et celle-ci représente un défi historique et complexe, suivant les constats de l'organisation. Le pays fait face à des défis pour renforcer et consolider les institutions de sécurité ; l'absence de processus systématisés pour la collecte de données; la présence et les conflits entre les groupes armés organisés; l'accès illimité aux armes à feu; et l'impunité en ce qui concerne la commission de crimes, en particulier ceux qui sont censés impliquer des membres des forces de sécurité. Parallèlement, cette situation a rendu vulnérables certaines familles et provoque le déplacement de ces personnes à l'intérieur du pays, telles que celles découlant des effets des catastrophes naturelles. « Ces situations viennent souvent de manière récurrente et aggravée, ce qui entraîne des mouvements successifs », a précisé la CIDH. Par contre, l'organisation de défense des droits humains explique que les tensions ont augmenté dans le pays, depuis les troubles politiques, le vide institutionnel provoqué par la dissolution de la chambre des députés. « Depuis le renforcement de la tension politique et le vide institutionnel jusqu'à l'impact de la violence politique extrême (représentée par l'assassinat du président Jovenel Moïse), et les principaux facteurs de l'insécurité qui incluent l'augmentation des homicides et des enlèvements, et les graves atteintes aux droits fondamentaux causées par la violence des groupes armés et le contrôle territorial »,a-t-elle observé.
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