Dans le cadre de ses actions de renforcement des capacités des institutions publiques, l'Office de Management et des Ressources Humaines (OMRH) organise, du 4 au 6 août 2026, un atelier de formation à l'intention des cadres administratifs et comptables de la Direction générale des Impôts (DGI). “Cette activité vise à renforcer les compétences des participants en matière de gestion des ressources matérielles de l'État et à promouvoir une gestion plus rationnelle, transparente et efficiente du patrimoine public.”, rapporte la note de l’OMRH.
De nombreux hauts cadres, des spécialistes et hauts fonctionnaires sont intervenus dans le cadre de cet atelier, qui se donne pour mission de renforcer les compétences des participants en matière de gestion des ressources matérielles de l'État et de promouvoir une gestion plus rationnelle, transparente et efficiente du patrimoine public.
Renforcer les compétences des participants en matière de gestion des ressources matérielles de l'État ?
Dans le contexte actuel de crises multiformes et complexes, on ne peut que saluer une telle initiative, tout en se questionnant autour des différents angles qui dominent la problématique de la gestion des ressources matérielles en Haïti. Quels sont les enjeux autour de ces deux actions pertinentes et complémentaires ? Quels sont les principales thématiques abordées dans le cadre de ces communications et échanges ? Quelles sont les limites d’une telle activité, en considérant la réalité critique que connaît le pays depuis plus de cinq ans ?
Deuxième journée de l'atelier de formation sur la rationalisation de la gestion des ressources matérielles de l'État ?
Dans une nouvelle communication formulae le 5 août 2026, par l'Office de Management et des Ressources Humaines (OMRH), à travers le Comité interinstitutionnel sur la rationalisation des ressources matérielles de l'État, les points forts retenus le mercredi 5 août, dans le cadre de l’atelier de formation destiné aux cadres administratifs et comptables de la Direction générale des impôts (DGI) se tournent sur les thématiques essentielles visant le renforcement de la gouvernance et la gestion du patrimoine public.
Promouvoir une gestion plus rationnelle, transparente et efficiente du patrimoine public ?
Des participants ont suivi les interventions et échanger avec les principaux spécialistes suivants: Le spécialiste Dendy Desnoyers, qui représentent l'Inspection générale des finances (IGF), a mis l’accent sur le contrôle interne et la gestion des ressources matérielles de l'État ; L’intervenant Gassendy Calice, de l'Unité de Lutte contre la Corruption (ULCC), a abordé le champ du contrôle interne et de la lutte contre la corruption dans l'administration publique.
Des interventions les unes plus pertinentes que les autres permettaient aux participants d’approfondir les sujets, selon certains témoignages. On retiendra la communication de la spécialiste madame Loudiany Vibert, qui représentait de la Direction générale du Trésor et de la Comptabilité publique (DGTCP), ainsi que la communication du haut cadre Max Edgard Piard, comme représentant de la Cour supérieure des comptes et du contentieux administratif (CSC/CA), qui abordait le thème de la comptabilité publique et le contrôle financier dans la gestion des actifs de l'État.
Dans la note publiée par l’OMRH, il est mentionné : “À travers ces présentations, les participants ont renforcé leurs connaissances des mécanismes de contrôle interne, de transparence, de prévention de la corruption et de contrôle financier, autant de leviers indispensables à une gestion rigoureuse, responsable et efficiente des ressources matérielles de l'État.”.
Plaidoyer pour une gestion responsable des biens culturels de l’administration publique haïtienne ?
Dans la perspective de mesurer de facon qualitative et quantitative les résultats de cet atelier, au bénéfice du pays, parmi d’autres initiatives similaires, qui visent à renforcer les compétences des participants en matière de gestion des ressources matérielles de l'État et à promouvoir une gestion plus rationnelle, transparente et efficiente du patrimoine public, il paraît légitime d'attirer l’attention des plus hautes autorités du pays, des principales institutions de régulation et de formation, sur les enjeux silencieux et invisibles relatives à la gestion des ressources matérielles, de nature artistique et culturelles pas toujours répertoriées à leur juste valeur, au sein de l’administration publique haïtienne.
Depuis toujours, les tableaux exposés, les sculptures pour la plupart déposées dans certains coins des bureaux et salles de réunion, constituent les collections des biens culturels et patrimoniaux, ne bénéficient pas d'une attention particulière, malgré que leurs acquisition a souvent mobilisé des prix elevees dans le budget de chacune de nos institutions publique. Il est temps de sensibiliser les autorités et de former les gestionnaires et les responsables d'inventaire dans l'administration publique haïtienne sur l'importance de ces œuvres qui méritent un meilleur classement et traitement.
Durant les dernières années, à la suite des catastrophes naturelles et des crises sociopolitiques majeures, suivies par les mouvements populaires de “Dechoukay”, les opérations terroristes de destruction systématique et accélérée imposées par les groupes armés en Haïti, dans plusieurs villes, ont détruit plusieurs grandes collections de biens culturels importants, aux valeurs incalculables.
Des tableaux, des sculptures, des photographies, des objets artisanaux, des artefacts, des meubles anciens ou antiques, des anciens bureaux occupés par des personnalités publiques et politiques, comme des objets témoins, en dehors des archives, méritent une gestion particulière en tant que patrimoine culturel public de la nation.
Depuis la destruction ou la disparition des collections de tableaux et d'autres oeuvres imposantes du Palais des ministères, en passant par la conservation oubliée des collections de tableaux et des sculptures (bustes) du Palais national après le seisme de 2010, plusieurs travaux ont été réalisés à des fins de proposer une meilleure gestion des collections de biens culturels pour l'administration publique haïtienne. Une autre facon de renforcer la bonne gouvernance, de lutter contre la corruption, à travers le renforcement des compétences des agents de la fonction publique, en matière de gestion des ressources matérielles de l'État, pour la promotion de la gestion de façon plus rationnelle, transparente et efficiente du patrimoine public (culturel) en Haïti.
Dominique Domerçant
