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De 2016 à 2026 : les adieux de Messi, ou la boucle enfin bouclée

De 2016 à 2026 : les adieux de Messi, ou la boucle enfin bouclée

Dix ans après avoir annoncé une première fois son départ de la sélection nationale, Lionel Messi tourne cette fois définitivement la page avec l’Argentine.

La légende Lionel Messi a officiellement annoncé sa retraite internationale ce lundi 31 août 2026. Dix ans plus tôt, il avait déjà annoncé son départ de la sélection argentine. Mais finalement revenu sur sa décision, la Pulga a depuis enrichi son palmarès avec une Coupe du Monde de la FIFA et deux Copas América de la CONMEBOL.

En tirant sur son maillot comme pour le déchirer, Messi baissait le regard pendant que les supporters chiliens explosaient de joie. Du coin de l'œil, il voyait ses partenaires qui l’attendaient pour venir saluer le public la tête haute. La tête dans les mains, il était finalement venu se joindre à la file des joueurs sur la pelouse sans prononcer le moindre mot. Il semblait complètement atone au moment où ses adversaires du soir soulevaient la Copa América de la CONMEBOL pour l’édition du centenaire. Puis, il était allé s’asseoir sur le banc de touche, seul. Il ne voulait personne autour de lui, comme s’il avait reçu un coup dont il était incapable de se remettre. 

En quittant le vestiaire à la fin de la soirée, Lionel Messi marchait d'un pas lent et pesant. Il venait de perdre sa quatrième finale avec l’Argentine : trois en Copa América (2007, 2015 et 2016) et une en Coupe du Monde de la FIFA (2014). Et c’est alors qu’il a ébranlé la planète football : "Ça ne veut pas sourire. On a tout donné, mais ça n’a pas marché. J’y ai pensé dans le vestiaire, mais je crois que la sélection et moi, c’est terminé." Cette scène s’est déroulée au Stade de New York New Jersey, il y a un peu plus de dix ans.

Cette même enceinte où, en finale de la Coupe du Monde de la FIFA 2026™, l’Espagne a dominé l’Argentine (1-0). Là même où la boucle s’est définitivement refermée. Car un peu plus d'un mois après la défaite face aux hommes de Luis de la Fuente, Messi a annoncé sa retraite internationale.

"Il ne reste plus beaucoup de temps, les chapitres se referment peu à peu, et celui-ci me fait particulièrement mal. J’aime, j’ai aimé et j’aimerai toujours porter le maillot de l’Argentine. J’ai tout donné, je n’ai plus rien à offrir, et derrière moi arrivent de très bons jeunes qui méritent leur place", a-t-il écrit.

Ses adieux à la sélection en 2016 n’auront finalement duré que 66 jours. Lionel Messi a ensuite retrouvé le maillot de l’Argentine lors des qualifications sud-américaines face à l’Uruguay. Buteur lors de la victoire 1-0 de l’Albiceleste, il avait célébré son retour avec une rage communicative.

Il lui faudra néanmoins patienter encore cinq ans avant de décrocher enfin son premier trophée avec la sélection argentine, lors de la Copa América 2021. Un an plus tard, au Qatar, la Pulga atteignait le sommet en soulevant la Coupe du Monde de la FIFA 2022.

"Depuis tout petit, j’ai appris que l’on perd plus souvent que l’on ne gagne. Je pense que c’est ce qui m’a permis de grandir, aussi bien en tant que personne que comme joueur", a déclaré Messi lors de la conférence de presse avant la finale face à l’Espagne. À 39 ans, il a été bien plus que le meilleur buteur et le meilleur passeur de l’Argentine dans la compétition en Amérique du Nord. Il a incarné toute une manière de sentir le football. S’il n’avait certes plus les jambes de ses 20 ans, il a démontré une capacité à lire le jeu sans pareille et toujours la même maîtrise de balle hors du commun. Moins dominant pendant les rencontres, il a été plus décisif.

Il s’est également davantage autorisé à montrer ses émotions. D’abord en laissant jaillir des larmes de joie après la victoire en huitièmes de finale contre l’Égypte (3-2), puis en poussant des cris rageurs à l’issue de l’incroyable remontée face aux Anglais en demi-finales (2-1). Contre l’Espagne, il a souffert, comme toute son équipe. Fatigué, les jambes lourdes, il n’a toutefois jamais cessé d’essayer pendant ces 120 minutes extrêmement éprouvantes pour l’Albiceleste.

"Pour être honnête, j’étais fatigué, comme tous mes coéquipiers d’ailleurs. On a donné le maximum à chaque rencontre, et le groupe a dû fournir des efforts considérables tout au long de la compétition. C’était à chaque fois un peu plus dur de récupérer", a livré le meneur de jeu à l’issue de la finale. Hormis lors de la rencontre face à l’Algérie (3-0) – où il est sorti après avoir inscrit un triplé – et celle contre la Jordanie (3-1) – où il est entré en jeu en seconde période –, le capitaine argentin a disputé l’intégralité des minutes de son équipe.

Sa carrière et sa manière de penser semblaient se condenser en quelques séquences de ce tournoi, véritable ascenseur émotionnel pour l’équipe de Scaloni. Il n’a jamais cessé de courir face au Cap-Vert, malgré la fatigue accumulée et les 120 minutes disputées à Miami (3-2 a.p.). Il n’a jamais abdiqué contre l’Égypte non plus, et a même semblé rajeunir de quinze ans lorsqu’il s’est repositionné sur l’aile droite. Il a continué à lutter malgré le passage à vide de son équipe face à la Suisse (3-1 a.p.). Il a réclamé le ballon, pris les commandes de la rencontre et délivré deux passes décisives pour renverser la situation face à l’Angleterre, dans ce qui est devenu l’un des duels les plus symboliques de l’histoire de l’Albiceleste. Face à l’Espagne, après une défaite on ne peut plus logique, il a placé les mains derrière le dos et pleuré devant les supporters argentins.

"Je veux finir ma carrière en ayant remporté un titre avec l’Argentine. Et si je n’y arrive pas, je veux au moins pouvoir me dire que j’ai tout fait pour y parvenir et que je n’ai pas laissé passer ma chance. On va se relever et revenir encore plus forts", avait déclaré Messi en 2019 après une nouvelle élimination en Copa América. Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il a tenu parole. Sans doute par ambition et soif de victoire, mais également par un amour inconditionnel pour sa sélection nationale.

Dans la défaite face à l’Espagne, la douleur à fleur de peau et les larmes tombant sur les sièges gris, les supporters argentins ont agité leurs maillots et chanté : "Je suis argentin, je l’ai dans le cœur, je ne peux pas m’arrêter". À quelques mètres d’eux se tenait leur numéro 10, leur symbole, leur icône. Plus meurtri que quiconque, anéanti d’avoir perdu sa deuxième finale de Coupe du Monde. À cet instant, Messi a réussi ce qui ne s’était pratiquement jamais produit dans l’histoire : que les Argentins se reconnaissent dans la défaite. Le 31 août 2026, lorsque le numéro 10 a mis un terme à son parcours sous le maillot de son pays, ce chapitre s’est définitivement refermé. Une boucle parfaite.

Source : FIFA

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