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Société

L’Éducation, un outil de développement négligé en Haïti

L’Éducation, un outil de développement négligé en Haïti

Imaginez un individu vivant dans le monde moderne, ne sachant ni lire ni écrire. Cet individu aura du mal à suivre l’évolution de son environnement immédiat et aussi celle du reste du monde. Il aura du mal à interpréter les panneaux de signalisation, les enseignes des magasins, il ne pourra pas suivre les recommandations du docteur, il aura beaucoup de difficulté à se servir d’un téléphone, d’un ordinateur et même d’une calculatrice. En somme, il aura une vie difficile et sera certainement mis en marge de la société, surtout si cet individu est pauvre. Cette situation bien qu’impensable est celle de millions de personnes vivant dans le monde et de plus de la moitié des Haïtiens

pourtant, l’importance de l’éducation n’est plus à prouver. En effet, selon l’Organisation de Coopération et de Développement économique (OCDE), l'éducation contribue au même titre que la stabilité politique, et un contexte macroéconomique favorable à la création de la richesse . La plupart des pays riches ou émergents ont fait de l’éducation l’une de leurs priorités. L'Organisation des Nations Unies pour l'Éducation, la Science et la Culture (UNESCO) a fait comprendre le rôle de l’éducation dans l’atteinte des objectifs du millénaire (OMD) et a défini six objectifs spécifiques pour une éducation pour tous (EPT). Ainsi, il n’est guère surprenant que les pays les plus développés consacrent une part assez significative de leur budget aux dépenses en matière d’éducation. Cette dernière est si importante qu’elle fait partie des composantes de l’IDH (Indice de développement humain) développé par Amartya Sen (prix Nobel d’économie en 1998) pour mesurer le degré de développement des pays.

L’idée selon laquelle l’éducation contribuerait à la croissance économique constitue à la fois l’origine et l’aboutissement de la théorie du capital humain . (Joseph Georges Stiglitz définit le capital humain comme « l'ensemble des compétences et de l'expérience accumulées qui ont pour effet de rendre les salariés plus productifs ». Deux autres auteurs, en l’occurrence Paul Samuelson et William Nordhaus abondent dans le même sens en ajoutant que le capital humain constitue « le stock de connaissances techniques et de qualifications caractérisant la force de travail d'une nation et résultant d'un investissement en éducation et en formation permanente »). Théodore W. Schultz, l’un des grands théoriciens du capital humain observe que l’éducation explique la plus grande partie de la productivité totale des facteurs de production dans une économie. Robert Lucas, prix Nobel d’économie en 1995, poursuit dans cette même lignée en faisant remarquer qu’il n’existe pas de forte différence de productivité du capital physique entre les pays riches et les pays pauvres, mais que cette différence est grande en productivité du capital humain et cela au bénéfice des pays riches. Sa théorie est grandement appuyée par Paul Romer qui ajouta que si les pays pauvres sont pauvres, c’est parce qu’ils manquent de capital humain. Or pire, il y a une migration du capital humain des pays pauvres vers les pays riches (fuite de cerveaux). Ce qui laisse présager que si les pays pauvres ne réussissent pas à produire plus de capital humain qu’ils n’en perdent, ils sont condamnés à rester pauvres.

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