Je me souviens encore de mon passage comme étudiant à l’Université nationale de Séoul, en Corée du Sud. C’était une période particulièrement enrichissante de ma vie, non seulement sur le plan académique, mais aussi sur le plan humain. En côtoyant des étudiants venus des quatre coins du monde, j’ai découvert différentes cultures, différentes histoires et surtout différentes façons de concevoir l’identité nationale.
Parmi les rencontres qui m’ont le plus marqué, il y a celles que j’ai eues avec plusieurs étudiants rwandais. Certains étudiaient à l’Université nationale de Séoul, comme moi, tandis que d’autres fréquentaient différentes universités coréennes. Le Rwanda faisait partie des pays africains dont beaucoup d'étudiants bénéficiaient de possibilités de formation et de bourses d’études en Corée du Sud. Ces rencontres m’ont permis de discuter avec eux de leur pays, de leur histoire et de leur expérience personnelle.
Mais une chose m’intriguait particulièrement. Lorsque nous parlions du Rwanda et de son histoire, je constatais que ces jeunes insistaient presque toujours sur leur identité de Rwandais. Avec quelques autres étudiants, nous cherchions souvent, au fil de nos conversations, à savoir s’ils étaient Hutu ou Tutsi. Je ne me souviens pas d’avoir rencontré un étudiant qui se présentait spontanément à moi comme Hutu ou Tutsi. Et lorsque la conversation s’approchait de cette question, certains préféraient clairement ne pas entrer dans un débat sur leur appartenance ethnique. Ils revenaient plutôt à une idée simple : « Nous sommes Rwandais. »
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