Qui est juridiquement responsable lorsque l'intelligence artificielle (IA) cause des préjudices ? Cette question s'est imposée mardi au cœur des débats de la deuxième journée du tout premier Dialogue mondial de l'ONU sur la gouvernance de l'IA, à Genève. Des experts internationaux ont alerté sur l'accumulation de preuves de violations des droits humains liées à cette technologie et appelé à un cadre de responsabilité plus solide.
« Dans 11 pays du Sud global, jusqu'à un enfant par classe a signalé que l'IA avait été utilisée pour créer des deepfakes à caractère sexuel le représentant. Les signalements de contenus pédopornographiques générés par l'IA auprès de la ligne d'alerte américaine CyberTip, NCMEC, augmentent de façon exponentielle », a averti Sonia Livingstone, membre du Groupe scientifique international indépendant sur l'IA.
S'appuyant sur les premières conclusions du rapport préliminaire de ce groupe, mandaté par l'Assemblée générale des Nations Unies, elle a estimé que les preuves de violations liées à l'IA, touchant tant les individus que les groupes les plus vulnérables, étaient désormais « bien plus probantes » que les bénéfices démontrés de cette technologie.
Selon elle, l'IA est utilisée pour « créer et amplifier la persuasion et la tromperie », diffuser la désinformation et exploiter les données personnelles à grande échelle.
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