Dans la vie, il faut savoir ce que l'on veut et se donner les moyens de l'atteindre, surtout lorsque l'on n'est pas né avec une cuillère d'argent dans la bouche. Lorsque chaque pas vers un avenir meilleur doit être arraché à la résistance du réel, comme on extirpe une racine d'une terre trop dure. Mademoiselle Rose Myrtha Lexima l'a compris très tôt. Elle a intégré cette vérité avec la lucidité tranquille de celles et ceux qui choisissent de faire de leurs contraintes un combustible plutôt qu'une prison.
Dans cette Haïti où, aujourd'hui, l'État joue un rôle de plus en plus marginal dans le destin de sa jeunesse, Rose Myrtha Lexima s'est construite seule. De la République dominicaine à l'Espagne, son parcours universitaire et professionnel dessine une trajectoire cohérente, celle d'une femme qui avance sans renoncer, qui construit avec patience et persévérance, comme on élève une cathédrale, pierre après pierre.
Tout commence dans les décombres. En 2010, alors qu'Haïti est meurtrie par le plus dévastateur séisme de son histoire moderne, la jeune Rose Myrtha Lexima ne choisit pas la fuite. Elle s'engage. Interprète en anglais et en créole au sein de World Vision Haïti, elle devient une passerelle entre la douleur de son peuple et les équipes humanitaires venues du monde entier. Dans les camps de déplacés et aux côtés des acteurs du développement communautaire, elle apprend ce qu'aucun manuel ne peut enseigner : servir, c'est d'abord rester debout au milieu du chaos, les yeux ouverts sur la souffrance des autres.
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