Maladies chroniques et santé mentale : l’ONU se dote enfin d’objectifs chiffrés
À force de s’installer dans le paysage sanitaire mondial, elles avaient fini par se rendre invisibles. Les maladies non transmissibles – cancers, diabète, maladies cardiovasculaires, affections respiratoires – et les troubles de la santé mentale tuent pourtant davantage que toutes les guerres réunies.
Ce mois-ci, à New York, les dirigeants du monde ont tenté de rompre cette banalisation. Réunis dans le cadre de la 80ème Assemblée générale des Nations Unies, ils ont adopté une déclaration politique qualifiée d’« historique », qui lie pour la première fois, noir sur blanc, la lutte contre les maladies chroniques et la santé mentale, assortie d’objectifs mesurables d’ici à 2030.
Le texte, adopté à l’issue de longs mois de négociations intergouvernementales, a été entériné à l’issue de la quatrième réunion de haut niveau consacrée à ces enjeux, tenue le 25 septembre. Son intitulé ne laisse pas de place à l’interprétation : « Équité et intégration : transformer les conditions de vie et les moyens de subsistance en faisant preuve de leadership et d’initiative concernant les maladies non transmissibles et la promotion de la santé mentale et du bien-être ». Derrière son nom à rallonge, il s’agit d’une inflexion stratégique assumée : considérer ces pathologies non plus comme des fatalités médicales, mais comme des freins majeurs au développement économique et à la cohésion sociale.
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