L’épilepsie est une maladie neurologique qui atteint près de 50 millions de personnes dans le monde, selon l’Organisation Mondiale de la Santé ( OMS). Connue en créole sous le nom de “Malkadi”, cette maladie est fréquemment associée à la sorcellerie en Haïti. Ceux et celles qui en souffrent sont souvent mal compris. Leurs proches aussi. Le National vous propose de plonger dans le vécu douloureux du jeune écrivain Adboul Kenley Feckzil, témoin des convulsions et des troubles de langage de sa mère.
Avoir une mère épileptique à mes 4 ans d’existence ne fut pas une aubaine pour mon enfance. J’en ai pâti et avalé des poires d’angoisse. Le bambin que j’étais ne savait pas comment courir à la rescousse de sa mère en pleine crise. Nous étions trois à la maison. Ma sœur incluse, nous ne savions pas comment faire face à un mal si capricieux. Haut mal ou mal caduc, dit le langage prosaïque, mais au-delà du dire, de cette belle éloquence de nommer ce mal, se cache un souvenir qui ne fait pas sourire.
Ma sœur et moi, enfants impuissants, témoins d’une maladie chevillée à un corps qui se tord et se convulse, n’avions qu’une seule option en tête : fuir la maison. C’est mon premier souvenir de la maladie de ma mère. Peut-être est-ce la première fois que je fus aussi conscient de mon existence.
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G FF
J’ai lu et relu avec tant de compassion. Beautifully written Abdoul!