Solidarité en solde : chronique d'un désengagement planifié
Alors que les crises mondiales s’intensifient, l’aide publique au développement se trouve drastiquement réduite par des pays donateurs qui invoquent la rigueur budgétaire tout en poursuivant des politiques fiscales inégalitaires. Derrière les coupes, un basculement idéologique : celui d’un monde qui semble renoncer à sa part de solidarité.
Depuis plus de cinquante ans, les pays industrialisés promettent de consacrer 0,7 % de leur produit intérieur brut (PIB) à l’aide publique au développement (APD). Un engagement solennel, inscrit dans les textes fondateurs de la coopération internationale, mais rarement respecté. En 2024, seuls cinq pays – dont la Norvège, la Suède et le Luxembourg – ont atteint ou dépassé ce seuil. En 2025, cette promesse semble plus creuse que jamais : les coupes budgétaires se multiplient, aussi bien dans les dispositifs bilatéraux que multilatéraux, et l’idéalisme des discours a cédé la place à une gestion à courte vue.
Le démantèlement quasi total de l’USAID aux États-Unis, effectif depuis juillet 2025, a symbolisé cette rupture : 83 % de ses programmes ont été annulés, et 94 % de ses effectifs transférés ou supprimés. D’autres États, dont la France, les Pays-Bas, la Suisse ou l’Allemagne – tous historiquement influents dans le domaine de la coopération – réduisent eux aussi leur contribution à l’aide au développement, malgré une succession de crises humanitaires, climatiques et sociales qui appellent au contraire à une mobilisation renforcée.
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Zarbi
Un nouveau paradigme est en train de se mettre en place. Pour rester dans la course er sur l'agenda il faut agir !