L’intelligence artificielle en Haïti : de l’empire global à l’innovation locale
O tempora o mores ! s’exclamait Cicéron dans un élan d’indignation face à la décadence morale de son temps. Je ne l’invoque pas ici pour dénoncer une régression des mœurs, mais pour exprimer ma stupéfaction teintée de nostalgie devant la vitesse vertigineuse de l’évolution technologique que j’ai vécue depuis ma naissance, en 1945, dans une Haïti encore rurale et fière.
J’ai connu le téléphone à manivelle qu’on tournait comme on fait grimper l’eau d’un vieux puits en pierre, puis le bon vieux modèle à cadran rotatif, les boutons modernes, les énormes briques portables… et aujourd’hui les iPhones, qui semblent avoir plus de mémoire que tous mes amis réunis. Parfois, je me demande si Siri ne me connaît pas mieux que mes anciens camarades de classe !
Je me rappelle aussi, avec un sourire attendri, mes années d’études de médecine à la Universidad Nacional Autónoma de México (UNAM) dans les années 60. À cette époque, les étudiants en sciences et ingénierie arboraient fièrement leurs règles à calcul à la ceinture. On les appelait entre nous les cowboys du logarithme, prêts à dégainer pour résoudre une équation comme d’autres dégainent leur revolver dans un western. Puis, en 1972, les calculatrices électroniques HP-35 sont arrivées, balayant cette arithmétique manuelle, comme l’automobile avait jadis remplacé les diligences.
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