Adieu Me Pierre Antoine Borgat, ami, confrère et frère !
Il est triste, désolant et navrant d'avoir à dire adieu à un ami formidable, plus qu’un frère. C'était un homme bon, dont l'humilité et la modestie faisaient de lui un homme rare dont la droiture forçait le respect. Un homme d’exception et profondément humain. Il n’y a pas longtemps, nous nous étions parlé au téléphone. Je lui avais confié que je vivais un exil forcé sur ma propre terre natale, en raison du blocage des routes reliant l’île de la Gonâve à la capitale, contrôlées par les gangs.
Il m’avait répondu : « Reste là où tu es, d’autant plus que je ne dispose d’aucun moyen pour te venir en aide si jamais tu avais un problème. » Puis il avait ajouté, avec sa franchise habituelle, que c’est là le sort réservé à ceux qui choisissent d’assumer le rôle de vigiles intellectuels. Car en politique, on peut avoir raison… et perdre.
Sa mise en garde amicale était appréciable, mais je pense, en tant qu’intellectuel public assumé, avoir le droit de choisir mon combat, d’emprunter ma propre voie, de tracer un chemin pour les désespérés, les abattus ; d’être moi-même, de dire ce que je pense, sans haine, sans jalousie, ni méchanceté ; de m’interroger librement sur les affaires de mon pays. Tout cela n’est rien d’autre que l’exercice d’un droit fondamental : celui de la différence. J’étais loin d’imaginer que ce serait notre dernière conversation. Si j’avais su…
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