Kenscoff : le drame !
Point culminant de toute la région métropolitaine de Port-au-Prince [réputée pour sa tranquillité champêtre et bienveillante, la commune de Kenscoff, paradis, pour plus d’un, perché à près de 1500 mètres d’altitude, vient de connaitre l’épisode le plus sanglant de son histoire occasionnée par une attaque de bandes armées dans la nuit du 26 au 27 janvier 2025.
Ce qui n’était qu’une rumeur malveillante, au début, s’est avéré être une menace réelle mise à exécution de manière brutale environ une semaine après les premières alertes. D’abord Kafou Bèt, Bongar, puis Belo, enfin Godet, les armes ont chanté à tue-tête, pour le plus grand malheur de la population. Principalement paysanne. Vivant de l’agriculture et de l’élevage, activité primaire et ordinaire de la zone, les femmes et les hommes des mornes ont dû fuir, laissant derrière eux leurs biens et souvenirs, au péril de leur vie.
Des kilomètres à pied, sans chaussures adaptées, avec comme seul bagage ce qui a pu être sauvé : les pièces importantes, de quoi se couvrir, parfois rien. Fuyant en panique, sans savoir où aller ni à quel saint se vouer, une seule logique tenait : sauver sa peau. Ainsi ont-ils suivi le chemin rocheux menant vers le centre de Kenscoff, craignant de regarder derrière, évitant le spectacle des maisons en feu. Dormant à la belle étoile, tel un solstice, la nuit froide semble sans fin, les détonations remplaçant le chant des criquets, un seul espoir : voir le soleil et espérer la sécurité.
« Au premier coup de canon, toutes les villes s’effondrent et la nation est debout », disait Henry Christophe, commandant de la Place du Cap-Haïtien à l’époque du débarquement de la flotte expéditionnaire de Bonaparte en 1802. Ainsi ont réagi les Kenscovites inquiets, concernés et valeureux. Armés de machettes, de matraques, de bâtons, de pioches, de fourches et autres outils de jardins, ils se sont érigés en brigadiers pour essayer, tant bien que mal, de protéger la zone. Preuve d’amour si l’on veut, signe de courage, et surtout la seule et dernière option viable.
Si vous avez déjà créé un compte, connectez-vous GRATUITEMENT pour lire la suite de cet article.
Pas encore de compte ? Inscrivez-vous
14 commentaires
Les échanges courtois et argumentés font la qualité du débat.
Connectez-vous pour commenter. Un compte garantit que votre nom n'est utilisé que par vous.
Se connecter Créer un compte
DK
Merci et félicitations à toi champion !
Cety
Bon Travail Christian
Christina
Sympathie, courage et beaucoup d'amour aux nôtres.
Ludjie Merilan
Merci de décrire si bien la solidarité et l'espoir. Courage aux kenscovites. Kenscoff ne périra pas, Ayiti ne périra pas🇭🇹
S.Farah
Sujet important, bien traité, beau travail Christian !🫂
Massillon Carl S
Félicitations Christian, 👊♥️
Pierre Marc-Live
Good job my broh
Marie Mark Laydine Saint Thomas
j’ai eu beaucoup de peine à voir les miens aussi independant qu’ils étaient céder à la merci d’un pain quotidien. Par ailleurs ce qui me rend fière, c’est leurs bravoures, la façon dont ils utilisent la force du KONBIT qui par elles mêmes se rapprochent de notre devise L’union fait la force. Ke kri dezespwa nou rive nan zòrèy fòs lòd yo padan nap kontinye batay. Kenscoff pap peri. Chapo ba Christian S. Massillon ❤️
Beeverly ANDRÉ-PRÉMILUS
Good job Christian! Merci!
Gaciamia R-L GUERRIER
Merci, Massillon, pour ce reportage ! J’espère ardemment qu’il arrivera à la vue, aux oreilles et à la connaissance des autorités afin qu’elles prennent conscience de leur responsabilité. Les Kenscovites ont véritablement incarné notre devise : « L’union fait la force » 💪🏼🇭🇹
Jean-Ronel SIMON
Félicitations, mon frère ! J'espère sincèrement que nos dirigeants ont enfin pris conscience de la nécessité d'agir pour offrir à nos frères et sœurs l'opportunité de respirer un air nouveau, plus sain et plus juste pour tous.
Chery Branda
Merci Christian❤️
Chery Branda
❤️❤️❤️
Chery Branda
❤️❤️❤️❤️