Le chant du coq
La nature fait toujours très bien les choses. Le coq, grand prédateur des vers de terre, semble être conscient aussi de sa condition de proie très prisée par d’autres rapaces. Pour se protéger de ces dernières et dormir en toute quiétude, il prend logement dans les feuillages d’un arbre en comptant sur l’obscurité quasi-totale pour se camoufler et jouir du plaisir d’un bon sommeil réparateur sans perturbations et sans stress. Ces précautions, une fois prises, il s’endort sans soucis et sans crainte sans qu’il n’ait à prier pour demander aide et protection à qui de droit…
Au réveil, son premier geste sera de battre très fortement ses ailes sur lui-même comme s’il s’apprêtait à prendre son envol. L’observation a montré par la suite que c’est sa façon à lui de sortir de la léthargie dans laquelle le sommeil l’avait enfermé, se convaincre qu’il est toujours là, qu’il existe et est bien vivant ! Alors et alors seulement, en respectant le rituel inscrit dans ses gènes, il se hissera sur la pointe la plus extrême de ses pattes, et, la poitrine bien bombée, fortement projetée vers le haut, il entamera avec fierté et élégance son chant matinal, le fameux « cocorico universel » ( les coqs n’ont pas connu leur épisode de tour de Babel ☺) comme si la survie de l’espèce en dépendait et pour dire aux autres « Réveillez-vous, je suis vivant et vous ? ». Alawonbadet, tous les autres coqs du voisinage et de la basse-cour s’empresseront de répondre de manière alternée à cet appel de courtoisie et de réveil avec, bien sûr, la même vivacité même si ça et là on notera des variantes dans les timbres et des sons des uns et des autres laissant peut-être penser qu’il y en a qui n’étaient pas trop pressés de se réveiller. Suivront donc à la chaine et à intervalles réguliers des cocoricos à n’en plus finir…
L’être humain, longtemps avant la fabrication de l’horloge, se fiait au chant du coq pour moduler son cycle de réveil sur celui du fier gallinacé. Le lever du soleil n’était pas trop loin, une fois que le coq s’était mis à chanter. De nos jours encore, dans les campagnes, son chant reste la référence en matière de repère annonçant l’aurore…
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