La 3e circonscription de Port-au-Prince s’est mise debout pour demander justice pour Évelyne Sincère
Sous l’initiative de certaines personnalités de la troisième circonscription de Port-au-Prince, plusieurs centaines de citoyens, dont des écoliers, ont gagné les rues ce jeudi 5 novembre 2020, à travers une marche pacifique, pour demander, justice pour Évelyne Sincère et pour toutes les autres victimes de l’insécurité. La marche qui a démarré sur la Place de Fontamara et a sillonné plusieurs artères de la capitale haïtienne jusqu’à la cour du lycée Jacques Roumain située à Grand Ravine. La marche s’est déroulée sans incident majeur.
Pour la deuxième journée de suite, une seconde marche a été organisée ce jeudi 5 novembre 2020, sous l’instigation de certains citoyens de la troisième circonscription de Port-au-Prince, pour demander justice pour Évelyne Sincère, kidnappée puis assassinée ainsi que pour toutes les personnes assassinées ces derniers temps.
La marche qui a débuté sur la place de Fontamara a sillonné plusieurs artères de la capitale haïtienne, avant de prendre le chemin du retour, passant par le Bicentenaire pour aboutir au lycée Jacques Roumain situé à Grand Ravine. Tout au long de leur parcours, les protestataires ont lancé des messages hostiles et significatifs pour demander aux autorités étatiques de prendre leur responsabilité en garantissant la sécurité publique. « Yon zam palè, yon bal nan do [une arme du palais, une balle dans le dos]», « Lapolis ak Barbecue se marasa [La Police et Barbecue sont des jumeaux] », « Leve kanpe kont kidnapping/ kont enpinite [Debout contre le kidnapping / contre l’impunité] ».
Contrairement à la marche du 4 novembre, les forces de l’ordre, qui ont été présentes à certains endroits, n’ont pas fait usage de gaz lacrymogène. Par ailleurs, les organisateurs ont annoncé pour ce lundi 9 novembre 2020, date correspondant à la rentrée de l’année scolaire 2020-2021, un second mouvement pour demander aux autorités de garantir la sécurité publique et la justice pour tous les individus tombés sous le poids de l’insécurité galopante.
« M ap mande jistis paske m gen pitit tou, m gen yon jèn fi douzan. M ap mande jistis, paske si nou pa jwenn jistis nan peyi sa, gade, n ap fini pil pa pil. Se pou nou mete tèt ansanm, manman pitit yo, se pou nou mete kò nou deyò pou nou jwenn jistis, se pa selman pou Évelyne, se pou nou tout » [Je demande justice, parce que je suis aussi mère d’une fille de douze ans. Je demande justice parce qu’on risque de passer tous. Nous, mères, devons nous organiser et manifester pour obtenir justice. Pas simplement pour nous, mais pour les autres aussi] », a relâché une jeune maman ravagée par le drame et qui croit que les citoyens sont des morts vivants dans ce pays.
« Nous sommes dans les rues, indique un manifestant à l’Avenue Charles Summer, pour dire à l’État que le droit de vivre n’est pas une faveur. L’article 19 de la Constitution explique que le droit de vivre est un droit inhérent… Nous constatons en Haïti que la vie ne compte pas, nous mourrons comme des chiens, sur des détritus, nous ne pouvons pas vivre ainsi, nous n’avons pas d’autres pays, aujourd’hui nous foulons le macadam pour demander justice et dire halte-la aux assassinats».
La marche a pris fin au lycée Jacques Roumain à Grand Ravine où plusieurs camarades de classe d’Évelyne Sincère ont été en larmes. L’un des professeurs de ce lycée s’est exprimé en la circonstance. Plusieurs citoyens ont allumé des bougies en mémoire de la défunte écolière.
« L’assassinat d’Évelyne est la dernière goutte d’eau. Attaquer Évelyne, c’est attaquer tout le fondement de la société… Si nous ne nous soulevons pas, dans 5 à 10 ans nous n’aurons pas de pays encore. Toi qui restes à la maison, toi qui ne fais rien, toi qui restes sur Facebook, sur Twitter, sur WhatsApp, demain, ce sera toi, » a prévenu l’enseignant qui a insisté pour que les dirigeants garantissent la sécurité à la population.
Wisly Bernard Jean-Baptiste
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