Séisme / Aide : quelle est la part engagée par le Trésor public ?
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Beaucoup d’étrangers sont mobilisés pour fournir un support à Haïti depuis le passage du tremblement de terre du 14 août 2021. Mais jusqu’à date, aucune information n’a filtré concernant l’enveloppe débloquée l’État haïtien dans cet élan de solidarité envers les victimes du Grand Sud.
Les promesses d’aide en attente ainsi que les promesses déjà tenues sont nombreuses. Haïti peut espérer une somme de plus d’un million de livres sterling de la part du Royaume-Uni. Le gouvernement du Québec a également promis une somme de 1,5 million de dollars. L’Organisation des Nations unies (ONU) a annoncé une aide humanitaire de 8 millions de dollars. L'UE va apporter une aide humanitaire d'un montant de 3 millions d'euros à Haïti, pour répondre aux besoins des populations sinistrées après le séisme dévastateur.
En outre, le président américain a autorisé une réponse américaine immédiate et chargé la directrice de l’Agence américaine d’aide internationale (USAID), Samantha Powers, de coordonner cet effort. Plusieurs autres pays comme la France, l’Espagne, le Venezuela, la Colombie, le Mexique, etc. se sont engagés à supporter Haïti, sans compter que le Mécanisme d’assurance contre les risques de catastrophe des Caraïbes (CCRIF) va verser une somme de 40 millions de dollars en guise de compensation.
Par contre, dans toutes ces dépenses pour une réponse rapide et tangible visant à soutenir les pauvres et les vulnérables touchés par le séisme dans la région du Grand Sud, le Trésor public est absent. Pas d’annonce de décaissement d’aucun fonds du Trésor public pour supporter les victimes du Grand Sud.
La mauvaise expérience de 2010
En 2010, les organisations internationales avaient agi, à leur manière, à la place de l’État haïtien. C’est comme si elles avaient créé un État parallèle. Ce qui a empêché au pays d’accroître sa propre capacité à répondre aux besoins de sa population et à se remettre sur pied. Seulement 70 % des sommes promises à Haïti ont été versées, trois ans après le séisme. Rien n’a été dit concernant les autres 30 %.
Les besoins d'Haïti pour se reconstruire après le séisme de janvier 2010 étaient évalués à environ 11,5 milliards de dollars, selon un plan présenté à l’époque par le Gouvernement haïtien et auquel a participé la Banque mondiale et l'ONU. Pour le séisme du mois d’août 2021, rien n’est encore défini, mais il est clair que cela coûtera plusieurs milliards de dollars.
Port-au-Prince devait être une ville modèle, l'incarnation d’un nouvel Haïti. Mais au contraire, elle était devenue le symbole d’une reconstruction en berne. La communauté internationale avait répondu présente, de manière spectaculaire, aux côtés d'Haïti, mais cela n’a rien apporté de durable. Les gouvernements qui se sont succédé, au lieu de rendre les fonds du Trésor public utiles au peuple haïtien, ils ont préféré remplir leur poche. Cette année, la côte sud-est est sévèrement touchée. Et comme en 2010, le gouvernement actuel part d’un mauvais pied dans la gestion de la réponse qui devait être apportée aux victimes.
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