La société civile appelle à une marche contre l’insécurité
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À l’occasion de la Journée internationale des droits de l’homme, le jeudi 10 décembre prochain, des organisations de la société civile se préparent à marcher contre la banalisation de la vie en Haïti. Lors d’une conférence de presse tenue ce mardi, les initiateurs, dont Me Gédéon Jean du Centre d’analyse et de recherche en droits de l’homme (CARDH), invitent la population à prendre part à cette marche organisée autour du thème : « N ap mache pou lavi ».
Ce sera une marche à plusieurs branches, mais la destination finale est le ministère de la Justice et de la Sécurité publique (MJSP). Délégué par le Barreau de Port-au-Prince, Me Robinson Pierre-Louis estime qu’il est une nécessité de marcher en vue de forcer les autorités étatiques à améliorer les conditions d’existence en Haïti. Ainsi, l’avocat souligne le fait que cette activité devrait intéresser tout citoyen qui croit qu’on ne peut pas continuer à vivre dans ces conditions imposées par le pouvoir en place.
Toujours acide envers l’équipe du PHTK, le coordonnateur de l’Union nationale des normaliens haïtiens (UNNOH), Josué Mérilien, croit qu’aujourd’hui le pays fait face à un danger où la vie d’une catégorie de personnes ne compte plus. En ce sens, le professeur lance un appel à l’unité et à la solidarité afin de marcher contre les pratiques malsaines et les dérives de l’équipe du pouvoir. Pour le professeur, la journée du 10 décembre doit être le signal d’une série de mouvements contre l’impunité et l’injustice sociale en Haïti.
Les organisateurs demandent aux recteurs d’université et aux directeurs d’écoles de comprendre la nécessité de donner aux élèves et aux étudiants la possibilité de prendre part à cette marche. « Le droit à la vie est inaliénable », estiment les organisateurs qui croient que c’est plus que jamais le moment d’éviter le sectarisme et de mener la bataille ensemble. Pour eux, la situation dont fait face le pays, actuellement, est révoltante. C’est le moment de marcher en vue de dire non à l’insécurité programmée dans le pays.
C’était aussi l’occasion pour les organisateurs de dénoncer les différents décrets pris par Jovenel Moise, particulièrement celui sur l’Agence nationale de l’intelligence (ANI). D’après ces organisations de la société civile, ce décret est une preuve flagrante que le chef de l’État haïtien a l’intention de museler la population haïtienne, notamment les organisations et partis politiques qui sont contre les dérives, enregistrés durant les 9 dernières années, avec l’administration du PHTK.
En outre, les organisateurs de la marche critiquent le fait que seuls les privilèges et avantages intéressent les dirigeants haïtiens. Ces individus avides de pouvoir, disent-ils, ne pensent qu’à leur bien-être personnel, au mépris total de la situation générale de la population. Sur ce, ils appellent à une prise de conscience collective afin de combattre ce mal, et donner une autre orientation au pays. D’après eux, cette marche sera aussi l’occasion de faire passer l’ensemble de ces revendications et d’exiger un changement de paradigme.
Par ailleurs, le représentant du secteur Transport en commun, Duclot Benissoit, a lancé un message aux autorités de la Police nationale d’Haïti (PNH) qui, selon lui, s’amusent à disperser constamment, à coup de gaz lacrymogène et balles réelles, les manifestations populaires même quand elles sont pacifiques. Le syndicaliste croit qu’il est temps de mettre fin à la passivité si les agents de la PNH refusent de comprendre quel comportement ils doivent avoir envers une foule de manifestants non violents.
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