L’opposition dénonce vigoureusement la création de l’Agence nationale d’intelligence
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Environ une semaine après la publication de l’arrêté créant l’Agence nationale d’intelligence, le Secteur démocratique et populaire a exprimé son désaccord profond avec cette nouvelle structure. Pour Fernando Duclair, cette agence vise à instaurer la dictature dans le pays comme au temps des Duvalier.
Il s’agit d’une énième désapprobation des décrets pris par l’administration de Jovenel Moise. Ce nouvel arrêté, créant l’Agence nationale d’intelligence, publié le 26 novembre dernier, suscite des remous dans la société. Le Secteur démocratique et populaire, un groupement de l’opposition plurielle, s’insurge. Selon Fernando Duclair, membre du Secteur démocratique, ce décret a pour objectif d’instaurer la dictature dans le pays. « Jovenel Moise veut avoir le contrôle du pays à la manière des Duvalier », accuse-t-il.
Fernando Duclair estime que ce décret accorde à cette structure le plein pouvoir. Le jeune militant politique souligne que ce décret autorise l’Agence à faire la prévention et aussi la répression. Il explique également que les membres de cette structure ne sont pas passibles devant la justice dans le cadre de l’exercice de leur fonction. « Jovenel Moise a une folie de dictateur », martèle-t-il, en indiquant que ladite agence a le droit de surveiller et de rapporter.
Entre autres, Fernando Duclair déplore aussi le droit accordé aux membres de cette agence de fonctionner sous anonymat. Pour lui, cette structure créée par le président Jovenel Moise peut regrouper des bandits, des voleurs et des personnes malhonnêtes.
Quelle est la mission de cette agence ?
Créée par un décret, l’Agence nationale d’intelligence (ANI) constitue un organe décisionnel, technique et administratif de renforcement de la sécurité intérieure et extérieure d’Haïti. Placée sous la tutelle du ministère de l’Intérieur et des Collectivités territoriales, cette entité a pour mission de collecter des informations et de faire la répression des actes défavorables à la sécurité nationale et à la protection des intérêts fondamentaux de la nation.
L’ANI est investi d’un mandat de trois ans. Il est dirigé par un directeur général portant le nom de directeur général du renseignement. Pour son fonctionnement, il est doté de sept directions de service. Toutefois, le décret réglementant le fonctionnement de l’Agence précise que les agents n’ont pas le statut de fonctionnaires. Ils sont liés à l’État par un contrat.
Selon le décret portant l’organisation et le fonctionnement de l’ANI, seulement les identités du directeur général et l’Inspecteur général de renseignement seront connues. Les autres membres de cette structure sont autorisés à fonctionner dans l’anonymat. « Ils ont le droit d’utiliser une identité d’emprunt », indique le décret.
Dans l’exercice de leurs fonctions, les agents de l’ANI peuvent poser des actes sans être pénalement responsables. Ils peuvent, pour les besoins de leur travail, procéder aux recours des techniques modernes et tout procédé qu’ils estiment utile à la constatation d’une infraction. En revanche, aucune action en justice ne peut être intentée contre un agent pour les actes posés dans l’exercice de leur fonction sans les mesures administratives de l’inspection générale, selon l’article 49 de ce décret. Cependant, ils peuvent être sanctionnés pour avoir dérobé aux principes internes de l’Agence.
Woovins St Phard
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