Plus de 74 % de réussite au bac 2020, des syndicats d’enseignants se disent surpris
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Les résultats de la session ordinaire du baccalauréat 2019-2020 sont connus. À l’exception du département du Sud-Est, le taux de réussite pour les neuf autres départements du pays réunis est de 74.52 %. Avec le « pays lock », la Covid-19 et l’insécurité qu’a connus le pays, la Plateforme des syndicats d’enseignants dit ne pas comprendre ce fort taux de réussite. Pour la plateforme, ces résultats sont plutôt politiques pour calmer les parents et les élèves.
La Plateforme des syndicats d’enseignants regroupant, entre autres, la Confédération nationale des éducatrices et éducateurs d’Haïti (CNEH), l’Union nationale des normaliennes et normaliens haïtiens (UNNOH), l’Association nationale des normaliens indépendants d’Haïti (ANNIH), a été en conférence ce lundi 7 décembre 2020. La création de l’Agence nationale d’intelligence (ANI), l’insécurité et surtout la publication des résultats de la session ordinaire du baccalauréat 2019-2020 ont été au cœur des prises de parole.
À l’exception du département du Sud-Est, dont les résultats ne sont pas encore publiés, neuf départements compilés ensemble ont accusé un taux de réussite de 74.52 %. En effet, le Nord-Ouest a remporté la palme avec 100 % de réussite suivie du département des Nippes avec 99.33 % et le Centre 86.11 %. Pour ce qui est des autres départements, le Nord-Est (82.11 %), la Grand-Anse (79.20 %), le Nord (76.33 %), le Sud (71.05 %) et enfin l’Ouest qui ferme la marche avec 70.01 % de réussite.
Par rapport à ce fort taux de réussite observé, la Plateforme des syndicats d’enseignants se dit étonnée, car l’année scolaire a été perturbée par des mouvements de toutes sortes. Les syndicats d’enseignants, dit la secrétaire générale de la Confédération nationale des éducatrices et éducateurs d’Haïti (CNEH), Magalie Georges, demandent au ministre de l’Éducation nationale et de la Formation professionnelle de donner à la nation des explications scientifiques sur la performance académique des postulants.
La syndicaliste a expliqué d’abord que le pays a connu 4 mois de fermeture en raison du mouvement « Pays lock » puis les écoles ont été obligées de fermer leurs portes en raison du Coronavirus. Le fer de lance du mouvement syndical a aussi ajouté que le pays a connu de nombreux problèmes économiques et surtout sécuritaires. Elle a aussi fait savoir qu’aucune amélioration n’a été portée dans les curricula, dans les conditions de vie des enseignants et dans les conditions d’apprentissage des élèves.
De son côté, le coordonnateur général de l’Union nationale des normaliennes et normaliens haïtiens (UNNOH), Josué Merilien a qualifié le fort taux de réussite observé aux examens du baccalauréat de « résultat politique » pour calmer les parents et les élèves. Pour le syndicaliste, qui dénonçait le peu de jours passé en classe par les élèves, il n’y avait pas de résultats pédagogiques. À en croire le syndicaliste, l’avenir du pays est menacé, car les conditions d’apprentissage ne sont pas réunies. Plus loin, M. Merilien appelle la population à se mettre debout afin de sauver l’éducation qui est la base d’une société.
Pour sa part, le coordonnateur général de l’Association nationale des normaliens indépendants d’Haïti (ANNIH), Emmanuel Saint-Jean, tient à inviter la population à une grande journée de mobilisation prévue pour ce 10 décembre contre l’insécurité qui a des répercussions sur l’apprentissage des élèves. Selon le syndicaliste, la création de l’Agence nationale d’intelligence (ANI) par le chef de l’État va alimenter l’insécurité (kidnapping, entre autres) dans le pays.
Wisly Bernard Jean-Baptiste
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