Célébration de la Journée internationale contre la corruption : pas un mot du président Moïse sur le dossier Petrocaribe
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L’Unité de lutte contre la corruption (ULCC) a célébré ce mercredi 9 décembre 2020 à Pétion-ville, la Journée internationale de lutte contre la corruption sous le thème « Rétablir avec intégrité » en présence de plusieurs personnalités de l’administration publique et de la communauté internationale. En cette occasion le président de la République, Jovenel Moïse a, entre autres, beaucoup insisté sur les conséquences de la corruption sans pour autant piper mot sur le dossier Petrocaribe.
Dans une atmosphère appelant à la fête, l’Unité de lutte contre la corruption (ULCC) a célébré ce mercredi 9 décembre 2020 à travers une cérémonie ayant eu lieu à Pétion-ville, la Journée internationale contre la corruption. Diverses personnalités ont payé de leur présence au cours de cette activité comme le commissaire du gouvernement de Port-au-Prince, Gabriel Ducarmel, l’ancien président de la République et membre du Comité consultatif indépendant pour l’élaboration du projet de la nouvelle constitution, Alexandre Boniface, le protecteur du citoyen, Renan Hedouville.
Participant à cette cérémonie de grande facture, le président de la République, Jovenel Moïse a beaucoup insisté sur les conséquences de la corruption sur le pays. D’après le premier citoyen de la nation, la corruption favorise l’insécurité et empêche le développement durable. « Vaincre la corruption reste une question incontournable », a lancé celui qui avait indiqué que le pays a cinq grands problèmes, « corruption, corruption, corruption, corruption, corruption ».
Pour M. Moise, il faut une conscience citoyenne afin de pouvoir créer le pays dont nous rêvons tous. Quoique la famille en Haïti se retrouve sur une pente descendante pour diverses raisons, le président a insisté sur la nécessité pour que les parents instruisent leurs progénitures sur des valeurs morales et éthiques.
D’un autre côté, le président a demandé aux citoyens vivant au pays et à l’étranger de dénoncer tous ceux et celles qui requièrent frauduleusement de l’argent pour offrir un service dans l’administration publique. Aussi bien, il enjoint de dénoncer tous ceux et celles qui utilisent les matériels de l’État pour leurs affaires personnels. Pour ce faire, M. Moïse demande aux citoyens de s’armer du courage et de chasser leur crainte.
A en croire le premier citoyen de la nation, c’est comme si le pays n’a été dirigé ces dernières années. « Refòm pa ka nan dyalòg politik, refòm pa ka nan zafè negosyasyon politik, yon gwo towo ki t ap piye Leta, se sou kote pou ou ye, ou la pou yo mete w nan prizon ou menm. Moun ki te konprann yo se Leta yo pou yo konnen jodia moman rive Leta ap dirije. Parce que le pouvoir, cela s’exerce. Lè yon pep ba w pouvwa, se egzèse pou w egzèse l… », a indiqué le chef de l’État très satisfait de la dépolitisation de l’ULCC.
Si d’une part, le chef de l’État a fait savoir que l’ULCC est indépendant d’autre part, il a demandé à l’ULCC d’enquêter sur les contrats ayant rapport avec la fourniture d’énergie dans le pays. « Direktè jeneral EDH la ki chita la, fò l eksplike kouman tout kouran sa ap bay nan peyi ya pou 6 milyon, 7 milyon dola. Fò l ka di poukisa blakawout la t ap bay pou 20 milyon dola, pou ULCC fouye je gade sou sa… », a signalé le président.
Plus loin , Jovenel Moïse poursuit ainsi : Fòk peyi Dayiti konprann poukisa nan bidjè nasyonal chak ane toujou genyen 240 milyon dola ki nan bidjè ya pou blakawout, jodi a nan bidjè nasyonal la, 240 milyon sa ap depanse kòm sa dwa, men pou bay limyè. Sa, mwen panse ke yon ti fouye je gade ULCC ladann pa t ap deranje ». Par ailleurs, il faut noter également que tout au long de son discours, le chef de l’État n’a pipé mot sur le dossier Petrocaribe où des rapports estiment que des fonds ont été dilapidés et que nombreux citoyens de la société en demandent des redditions de compte.
De son côté, le directeur général de l’ULCC, Me Hans Jacques Ludwig, a indiqué que la corruption qui gangrène le pays est systémique et est vieille de plusieurs décennies. Toutefois, le DG a profité pour louer les travaux de la boite qu’il dirige et qui sont à l’origine de tous les grands procès effectués dans le pays depuis ces 15 dernières années. Plus loin, il a fait savoir que jusqu’à présent les enquêteurs de l’ULCC n’ont encore été impliqués dans aucune activité louche.
Dans son discours de circonstance, le ministre de l’Économie et des Finances, Michel Patrick Boisvert, a exhorté l’ULCC « à poser des actes clairs de lutte contre la corruption par l’augmentation du nombre d’enquêtes et de cas de corruption déférés à l’audience d’un jugement ». Selon le grand argentier de la nation, « l’ULCC doit tout mettre en œuvre en vue d’appliquer la loi du 12 février 2008 portant sur la déclaration du patrimoine » afin de garantir la transparence dans la vie politique et administrative et protéger le patrimoine de l’État.
Faut-il signaler que 4 personnalités ont été distinguées en cette journée dont le thème mondial est : « Rétablir avec intégrité ». Il s’agit de Marilyn B. Allien, directrice de la fondation Héritage pour Haïti, Odette Roy Fombrum, présidente de la fondation Odette Roy Fombrum (FORF) le magistrat Eddy Darang et l’ancien président de la République, Boniface Alexandre.
Wisly Bernard Jean-Baptiste
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