Gros-Morne sous l'emprise des bandits
Depuis plus d'un mois, les habitants de la commune de Gros-Morne font face à une escalade de l'insécurité traduite par des actes de kidnapping. En moins de deux mois, trois cas de kidnapping ont été rapportés, dont le dernier en date le dimanche 22 août dans la localité de Tibwadòm non loin de Bassin bleu. Selon les informations, une trentaine de personnes revenant de Port-au-Prince en direction de Port-de-Paix ont été enlevées par un groupe de bandits. Ce phénomène prend, malheureusement, de l'ampleur dans la zone sans trop inquiéter les directions départementales de la Police nationale de l'Artibonite et du Nord-Ouest qui sont restés, jusqu'à, là inactives.
Il était 2 h de l'après-midi quand un groupe d'individus lourdement armés a intercepté un autobus reliant Port-au-Prince à Port-de-Paix, avec à son bord 30 passagers. Après avoir intimé l'ordre à tout le monde de descendre du véhicule, les bandits ont obligé l'équipage à les suivre. Hormis quatre d'entre eux qui se sont échappés en cours de route, les 26 autres ont été conduits dans les mornes à quelques 4 h de temps de marche.
« Ils nous ont menottés et ligotés. Nous étions sous la surveillance de 12 hommes armés pendant tout le temps que j'ai passé dans la montagne. À plusieurs reprises, ils nous ont torturés pour obliger nos proches à payer au plus vite la rançon exigée. Au moment où je parle, ceux qui n'ont pas encore payé la somme exigée sont encore entre leurs mains », a affirmé l'un des otages libérés contre rançon au journaliste Frantz Renel Lebrun.
D'autres otages libérés ont ainsi déclaré qu'ils ont payé entre 200 mille gourde à 15 mille dollars us suivant. Les ravisseurs se seraient montrés très hostiles et pourraient être impitoyables si jamais il y a des policiers ou des journalistes parmi les otages, a révélé un otage libéré qui a rapporté une conversation des bandits entre eux.
Le gang de Gros Morne, comme d'autres avant lui, semble défier toute autorité. Puisqu’après trois forfaits, aucune intervention policière n'a été effectuée dans la zone. Pire, les ravisseurs se payent le luxe de libérer leurs otages suivant l'ordre d'arrivée des rançons en toute tranquillité.
À ce niveau, si rien n'est fait, Tibwadòm sera à coup sûr, la nouvelle zone interdite du pays. De leur côté, les otages espèrent une intervention musclée de la police, puisque, disent-ils, les bandits sont bien armés.
Lesly SUCCÈS
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