Des protestataires défient le décret du pouvoir en brûlant des pneus sur la voie publique
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Sous l’initiative de plusieurs structures et organisations de base comme Fòs Delma, Nou vle viv, une marche a été organisée ce mercredi 16 décembre 2020 pour non seulement exiger le départ du président Jovenel Moïse du pouvoir, mais aussi pour réclamer la libération des prisonniers politiques. À la fin de cette marche non loin du ministère de la Culture et de la Communication, les protestataires ont brulé des pneus sous les yeux des forces de l’ordre.
Il était environ 11 h 15 du matin quand cette marche a débuté au Carrefour de l’aéroport rebaptisé « Kafou rezistans ». Avec un « truck sound » mettant de l’ambiance avec des musiques hostiles au régime en place, des dizaines de citoyens ont foulé le macadam dans l’optique de réclamer le départ du président de la République, Jovenel Moïse et aussi exiger la libération des prisonniers politiques du régime en place. Parmi ces prisonniers, il faut noter, l’ancien député de Delmas/Tabarre, Arnel Belizaire, « Kilik » et « Babas » ainsi connu.
Tout au long du parcours de l’Avenue Martin Luther King pour aboutir au Bois Verna non loin du ministère de la Culture et de la Communication, les protestataires ont brandi différentes pancartes. « Fòs Delma mande inite nan tout sektè teritwa nasyonal la, prizonye politik yo pa kidnapè liberasyon yo nap mande, Pèp la pa nan kanaval, tout se divèsyon, Aba Jovenel Gang », ont été, entre autres, certains messages qu’on pouvait lire sur les affiches.
Serge Jean Louis de la nouvelle coalition baptisée « Forces nationales pour la démocratie » (FND) ayant pas moins de 27 partis politiques, organisations de base et de la société civile, Rony Timothée de l’organisation Viv Ayiti et ancien prisonnier politique ont été remarqué dans cette marche ayant, à l’origine, pour destination la Cour d’appel de Port-Au-Prince se trouvant à Pacot.
Si le premier, à savoir M. Jean Louis, a insisté, entre autres, sur la date du 7 février 2021 pour que le premier citoyen de la nation puisse laisser le pouvoir, le second a mis l’accent sur des rapports de droits humains nationaux et internationaux demandant de sanctionner des personnalités ayant participé à des activités criminelles. En ce sens, il demande à la justice haïtienne de faire son travail au lieu de persécuter les prisonniers politiques.
Le chef de l’État a créé, par décret en date du 26 novembre 2020 dans un numéro spécial du journal officiel Le Moniteur, l’« Agence nationale d’intelligence » (ANI) et un autre pour renforcer la sécurité publique, interdisant, entre autres, les activités visant à bloquer la voie publique sous peine de lourdes sanctions.
Pour se rebeller contre cette décision du gouvernement, les manifestants, arrivant au Bois-Verna, non loin du ministère de la Culture et de la Communication ont choisi de défier le pouvoir en brûlant des pneus sur la voie publique. « Nou boule kawoutchou jodia, se pou nou ka montre pouvwa klè nou tout se teworis », a lancé un manifestant.
Wisly Bernard Jean-Baptiste
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