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Insécurité : remontée des cas de kidnapping en Haïti

Insécurité : remontée des cas de kidnapping en Haïti

L’insécurité en Haïti continue d’évoluer notamment avec une montée des activités d’enlèvement entreprises par des bandits armés. Alors que l’attention est dirigée vers le Grand Sud, dévasté par un séisme de magnitude 7.2, le 14 août 2021 et sur la situation politique difficile que connaît le pays, plusieurs cas d’enlèvement ont eu lieu dont le dernier connu est celui de Marie Benicia Benoit survenu le 25 août.

Contrairement aux attentes de la population, les activités en lien avec le kidnapping sont reparties à la hausse après l’observation d’une nette diminution. En effet, Marie Benicia Benoit a été enlevée le mercredi 25 août 2021 à Santo alors qu’elle se rendait au travail. Elle est technicienne de laboratoire offrant ses services auprès l’organisation des Petits frères et sœurs et la fondation Saint-Luc. Ces institutions ont décidé de fermer leur porte en signe de protestation. L’hôpital Damien à Tabarre, le centre Sainte-Germaine pour handicapés à Tabarre, le service de thérapie de Sainte Germaine, l’école Fr. Watson Angels of Light et l’école de Sainte-Helene à Kenscoff sont en débrayage, hormis les urgences qui continuent de fonctionner à l'hôpital Saint Luc.

Quelques jours auparavant, soit le 22 août, 30 passagers d’un autobus ont été enlevés à Gros-Morne dans l’Artibonite, dans la localité de Petit Bois d’Homme. Les ravisseurs ont réclamé une forte somme d’argent pour libérer ces personnes. Avant ce cas, le 18 août, Walkens Alexandre, assistant directeur médical de l’Office d’assurance accident, maladie et maternité (OFATMA) a été enlevé puis libéré le 20 août contre rançon. Le gynécologue Hervé Chery a connu le même sort. Kidnappé le mardi 17 août, il a recouvré sa liberté contre rançon.

La Police nationale d’Haïti a publié sur son compte Twitter avoir libéré le mardi 24 août deux ressortissants dominicains et un citoyen haïtien qui avaient été enlevés à Limbé, à hauteur de la Coupe Limbé, dans le Nord d’Haïti. Une forte somme d’argent avait également été exigée pour la libération des victimes.

Alors qu’après le 14 août, la troisième circonscription coupée du département de l’Ouest à cause du niveau d’insécurité élevé à Martissant qu’il faut traverser pour se rendre dans le grand Sud paraissait un défi insurmontable. Cependant, les secouristes et tous ceux qui ont voulu aider les victimes du séisme ont pu traverser la zone fantôme sans problème. La guerre entre les gangs qui a causé le départ de nombreux citoyens habitant Martissant s’est semble-t-il calme au moment où les habitants des Cayes, Jérémie, Nippes, Pestel etc. attendent du gouvernement son soutien après le séisme.

Malgré l’accalmie observée au niveau de Martissant après des négociations informelles avec les chefs de gang pour laisser passer les convois de secours destinés aux victimes du séisme, l'insécurité n’a toutefois pas disparu. Plusieurs personnes enlevées dans d’autres endroits ont dû verser à leurs ravisseurs des sommes élevées pour être libérées. Le kidnapping est, semble-t-il, relancé alors que le gouvernement ayant à sa tête Ariel Henry ne s’est pas encore prononcé sur cette situation en vue d'y mettre un terme.

Geneviève Rose Murdith JOSEPH

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