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Déclaration de guerre aux bandits : la PNH a-t-elle les moyens de sa politique ?

Déclaration de guerre aux bandits : la PNH a-t-elle les moyens de sa politique ?

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Le Premier ministre haïtien, Joseph Jouthe, veut se lancer dans une guerre contre les bandits armés qui sèment la terreur dans le pays. Avec comme allié le reste de la population, le Premier ministre annonce la fin de la phase de réinsertion, et le début de celle du démantèlement. À présent, l’important est de savoir, est-ce que la Police nationale d’Haïti (PNH) pourra effectivement répondre aux attentes du Premier ministre.

Plusieurs aspects sont à considérer dans la déclaration du Premier ministre. D’abord, le chef du gouvernement a infligé un camouflet à la Commission nationale de désarmement, de démantèlement et de réinsertion (CNDDR). Le chef du Conseil supérieur de la police nationale (CSPN) a désavoué l’ensemble des personnalités composant la Commission, à savoir, Edwin Florexil, Innocent Joseph, Roodiny Jean-Baptiste, Abler Roudy Lalane, Jean Chenet Lucien, Greatz Marie Lydie Sironel Charles, Jean Rebel Dorcéna, Jude Jean-Pierre et Frantz Toyo.

Selon les déclarations du Premier ministre, cette structure qui était chargée de coordonner et d’appliquer la politique de l’État en matière de désarmement, de démantèlement des groupes armés et de réinsertion des individus désarmés n’est plus. Mais il faut aussi signaler que le Premier ministre sème encore plus de doute au sein de la population. Si le Premier ministre n’arrive pas à faire confiance aux autorités de l’État, il sera difficile pour les citoyens ordinaires de faire confiance aux membres du gouvernement, aux agents de la PNH et autres. Déjà, le manque de confiance submerge la population haïtienne. Cette déclaration risque d’augmenter l’insécurité émotionnelle chez les individus.

Parmi toutes les considérations, la plus importante est l’aspect de déclaration de guerre contre les bandits armés de la capitale et des villes de province. Le Premier ministre a pris le soin de citer plusieurs noms des présumés ou soi-disant chefs des quartiers populaires de Port-au-Prince. Tout en détournant le slogan des groupes armés fédérés, le Premier ministre Joseph Jouthe a fait savoir que son slogan pour cette offensive lancée contre les bandits est : « Je kale e alye, manyen youn manyen tout ». Le chef du gouvernement compte sur l’appui de la population dans cette attaque lancée contre les bandits armés qui opèrent sur le territoire.

Mais quand est-il de la capacité de la PNH à répondre aux exigences faites par le Premier ministre ? Joseph Jouthe réclame le démantèlement des gangs armés du pays. Parmi les forces de coercitions de la République, seule la PNH est impliquée dans les offensives contre les bandits armés. Pourtant, cette institution n’a pas les reins pour répondre aux exigences du Premier ministre et de démanteler tous les groupes armes du pays. Les anciens directeurs, dont Normil Rameau et Michel-Ange Gédéon, l’ont toujours rappelé. Et le manque de résultats constaté sur le terrain est toujours la résultante du manque de moyen. Par conséquent, il faut se questionner sur le renforcement des effectifs, le manque de cohésion et d’équipement au sein de la PNH. Alors, peut-on espérer la réussite de l’opération au Village de Dieu ? Et en cas de démantèlement du gang de Village de Dieu, que peut-on espérer des réseaux de bandits au niveau de Grand Ravine, Ti bois, Cité Soleil, La Saline, Delmas 2, etc. ?

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