6 millions de gourdes pour aider à capturer Wendelle Coq Thélot, Joseph Félix Badio et John Joël Joseph
Plus d’un mois après l’assassinat de Jovenel Moïse en sa résidence privée à Pèlerin, Pétion-ville, la lumière peine encore à être faite sur le dossier en dépit de l’arrestation de plusieurs suspects. Ainsi, pour faire bouger les lignes, le ministère de la Justice et de la Sécurité publique (MJSP) promet un montant de 6 millions de gourdes à tout citoyen pouvant aider la Police nationale d’Haïti (PNH) à capturer Wendelle Coq Thélot, Joseph Félix Badio, John Joël Joseph.
L’enquête sur l’assassinat de celui qui fut le 58e président de la République d’Haïti en date du 7 juillet 2021, continue de trainer en longueur. Entre les difficultés pour désigner un juge d’instructeur, les avis de recherche et les mandats d’amener décernés à l’encontre de plusieurs suspects, des accusations qui pèsent contre plusieurs autorités gouvernementales de faire obstacle au bon déroulement de l’enquête, une autre stratégie vient d’être adoptée dans l’affaire. En effet, le ministère de la Justice et de la Sécurité publique (MJSP) a promis une somme de 6 millions de gourdes à tout citoyen pouvant aider les forces de l’ordre à capturer l’ancienne juge de la Cour de cassation, Wendelle Coq Thélot, l’ancien sénateur John Joël Joseph, et l’ancien fonctionnaire Joseph Félix Badio.
« Pou nenpòt moun ki ede Lapolis jwenn 3 fijitif enpòtan sa yo: Wendelle Coq Thélot, Joseph Félix Badio, John Joël Joseph, MJSP ap bay 6 milyon goud », a tweeté le titulaire du MJSP Me Rockfeller Vincent ce jeudi 26 août 2021 tout en précisant, bien avant, qu’il faut faire attention « à l’intimidation et aux vaines tentatives de brouillage des pistes! ». Selon le ministre Vincent « une bête traquée prend souvent des initiatives désespérées, mais la justice finira par triompher ».
D’aucuns estiment que plusieurs autorités gouvernementales, de par leur position, sont considérées comme pouvant être une entrave à l’enquête sur l’assassinat de Jovenel Moïse. C’est le cas principalement de Stanley Lucas, un proche du feu président Jovenel Moïse qui décèle ce comportement en la personne du Premier ministre, Ariel Henry. Ce dernier, selon M. Lucas, en tant que chef du Conseil supérieur de la Police nationale (CSPN), devrait démissionner, car il faisait partie du même parti politique que le suspect dans l’assassinat de Jovenel Moïse, Joseph Félix Badio.
Dans un rapport intitulé « Assassinat tragique de Jovenel Moïse : le président a été livré par des responsables de sa sécurité », le Réseau national de défense des droits humains (RNDH) a confirmé que l’actuel PM avait des contacts avec M. Badio. « De plus, Joseph Félix Badio dont le téléphone émettait aux environs de la maison de Jovenel Moïse, était en contact serré avec plusieurs personnalités. Par exemple, le soir même de l’assassinat, le Premier ministre Ariel Henry s’est entretenu par téléphone tant avec Joseph Félix Badio qu’avec le président », a précisé le RNDDH avant d’ajouter que la « magistrate Wendelle Coq Thélot a eu aussi à s’entretenir avec Joseph Félix Badio ».
D’après le RNDDH, les membres du Conseil supérieur de la Police nationale (CSPN) disposent tous d’un service d’intelligence et cela n’a pu empêcher ni l’assassinat du président ni collaboré dans l’enquête de la police judiciaire. Tout comme le PM, le RNDDH affirmait également « le ministre de la Justice et de la Sécurité publique, Me Rockefeller Vincent, pour sa part, entretient des rapports très étroits avec Joseph Félix Badio ». Le RNDDH estime qu’une bonne collaboration de sa cellule d’intelligence devrait pouvoir aider à localiser cet individu dont le nom a été cité par la majorité des personnes arrêtées dans le cadre de cette enquête.
En plus, le RNDDH a signalé également que « le directeur général a.i. de la PNH Léon Charles a reçu au moins deux (2) appels de détresse du président, tout juste avant son assassinat ». Selon le rapport du RNDDH, M. Charles « avait promis à ce dernier de lui envoyer des renforts immédiatement. Ceci n’a pas été fait. Conséquemment, les contraintes l’ayant poussé à ne pas intervenir devraient être connues de la police judiciaire ».
Et pour en terminer, le RNDDH a indexé la responsabilité de celui qui était le ministre de l’Intérieur et des Collectivités territoriales lors de l’assassinat. « Le ministère de l’Intérieur et des Collectivités territoriales détient le contrôle des entrées et sorties enregistrées sur le sol haïtien, via les directions de l’immigration et de l’émigration. Le brusque mouvement de tous ces ressortissants colombiens n’aurait donc pas dû lui échapper et le service d’intelligence attaché à ce ministère aurait dû en informer le ministre Louis Gonzague Edner Day », peut-on lire.
Par ailleurs, le RNDDH a laissé savoir que « la piste à prioriser pour arriver à identifier les commanditaires de cet assassinat tragique », est Joseph Félix Badio ainsi que les 5 Colombiens qui se sont échappés.
Wisly Bernard Jean-Baptiste
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