Après l’horrible massacre de Kenscoff, en Haïti, les Haïtiens n’ont pas pu descendre dans les rues pour crier leur colère. La peur des gangs a placé au-dessus de la tête de chaque Haïtien une véritable épée de Damoclès. Dans un pays où sortir de chez soi peut désormais relever du courage, où prendre une route peut devenir une aventure mortelle et où la moindre manifestation de colère peut exposer les citoyens aux représailles des groupes armés, le silence n’est plus toujours un choix : il devient une stratégie de survie.
À Kenscoff, les gangs ont assassiné plus de cinquante personnes. Des familles ont été décimées, des habitants terrorisés, des maisons abandonnées. Et, une fois encore, la question demeure : qui enquêtera réellement ?
Une enquête sérieuse, indépendante, capable d’établir les responsabilités et de remonter les filières, se fait attendre. La police paraît encore perdue dans les méandres d’une inefficacité devenue chronique. Pendant ce temps, les armes continuent de parler et les familles de compter leurs morts.
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