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Une nouvelle souche africaine très dangereuse

Une nouvelle souche africaine très dangereuse

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Après la souche du Sars découverte en Grande-Bretagne, apparaît maintenant la variante de l’Afrique du Sud. La mutation appelée 501.V2, déjà été détectée dans d’autres pays, dont la France et le Royaume-Uni, inquiète les chercheurs. Et le monde.

Jusqu’ici, le continent africain a été quelque peu épargné de la Covid-19. On a émis l’hypothèse du climat, de la jeunesse de la population et le fait que les Africains sont immunisés à cause des vaccins contre les maladies tropicales. Mais l'Afrique du Sud compte aujourd'hui plus d'un million de cas de coronavirus. Avec la virulence de la nouvelle variante de Corona, le nombre d'infections y augmente rapidement.

Les chercheurs sont actuellement en train d’étudier le niveau de danger de cette nouvelle mutation. Se basant sur les données disponibles, le virologue en chef du gouvernement africain, John Nkengasong, a souligné sa rapidité et sa dangerosité.

Les experts estiment les deux variantes se caractérisent par une transmission plus rapide. La capacité de la protéine de pointe à la surface du virus à s'attacher aux cellules humaines et à les envahir encore plus rapidement, qui a été créée pendant la mutation, pourrait en être la cause.

D’où vient cette mutation ? Les scientifiques expliquent que tous les virus mutent. Les mutations sont des changements qui se produisent lorsque les virus se reproduisent. Depuis l'apparition du Sars-CoV-2, les scientifiques ont observé plusieurs mutations. La plupart d'entre elles sont insignifiantes pour le processus d'infection. Mais il existe également des mutations qui donnent au virus un plus grand avantage en termes de survie, notamment une transmissibilité plus rapide.

Origine des mutations

Pour leur récent rapport, les chercheurs de l'Imperial College de Londres ont analysé des milliers de génomes du Sars-CoV-2 séquencés entre octobre et décembre dernier. En utilisant deux méthodes différentes, ils ont conclu que la variante britannique présente un « avantage significatif » en termes de contagiosité (50 à 75%) et un taux de reproduction du virus (R) situé entre 0,4 et 0,7 supérieur au virus habituel.

Pour la variante sud-africaine, les calculs suggèrent également une plus grande transmissibilité. Mais ils disposent de moins de données pour l'analyse.

Certains experts estiment qu'il n'y a pas suffisamment de données pour évaluer avec certitude la transmissibilité plus rapide des deux variantes. « Nous devons être prudents. Le résultat en termes de propagation est une interaction de facteurs combinant les caractéristiques du virus avec les mesures de prévention et de contrôle prises », a déclaré à l'AFP le Français Bruno Coignard, directeur des maladies infectieuses à l'agence « Santé Publique France ».

Les nouvelles variantes sont-elles encore plus problématiques pour les systèmes de santé ? « Il n'y a pas de preuve que les infections par ces brins soient plus graves », note le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC). Le risque est cependant élevé « en termes d'hospitalisations et de décès ». « Une transmissibilité plus rapide signifie potentiellement un taux d'incidence beaucoup plus élevé et donc, même si les taux de mortalité restent les mêmes, une pression accrue sur le système de santé », ajoute-t-il.

Et les vaccins ?

Les vaccins classiques sont-ils efficaces contre les nouvelles variantes ? Pour les deux mutations, « les informations sont insuffisantes à ce stade pour évaluer si elles présentent un risque pour l'efficacité du vaccin », a déclaré le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC). Même son de cloche côté américain. « Sur la base des connaissances actuelles, les experts estiment que les vaccins actuels sont efficaces contre ces souches », a déclaré le Dr Henry Walke du « Centers for Disease Control and Prevention » (CDC) des États-Unis lors d'une récente conférence de presse.

On signale qu’en termes d'efficacité du vaccin, la variante sud-africaine soulève actuellement plus de questions que la britannique. Par exemple, la variante sud-africaine a deux autres mutations qui ne sont pas présentes dans la variante britannique. Le professeur François Balloux de l'University College London souligne que celles-ci pourraient théoriquement « l'aider à contourner la protection immunitaire conférée par une infection ou une vaccination antérieure ».

Cependant, a-t-il aussi indiqué, il n'y a actuellement aucune preuve que cette mutation est suffisante pour rendre le variant sud-africain résistant aux vaccins actuels. Le laboratoire allemand BioNTech, qui a développé avec Pfizer le premier vaccin approuvé au monde contre la Covid-19, a récemment donné l'assurance qu'il pourrait livrer un vaccin adapté à la mutation « en six semaines » si nécessaire.

Les vaccins actuels ne devraient pas être inefficaces contre les nouvelles mutations du virus, écrit le chimiste et journaliste scientifique de la radio allemande Deutschlandfunk, Arndt Reuning, dans un commentaire. Cependant, il est possible que les anticorps ne puissent pas s'arrimer aussi bien aux sites mutés. Cependant, après une vaccination, le système immunitaire apprend à reconnaître les agents pathogènes à différents endroits et à réagir en conséquence. La réaction des globules blancs, qui sont moins impressionnés par les changements liés aux mutations, a également un effet important contre les agents pathogènes. Les mutations isolées ne peuvent pas affecter sérieusement le système complexe de défense immunitaire. Ça console.

Le vaccin BioNtech aide-t-il à lutter contre la mutation britannique ? L'Institut allemand Robert Koch attend des réponses pour savoir si le vaccin BioNtech approuvé est efficace contre la mutation Corona provenant de Grande-Bretagne. L'entreprise de Mayence effectue actuellement les tests d'efficacité correspondants. Les vaccins à ARNm tels que ceux produits par BioNtech ou Moderna seraient également faciles à adapter aux mutations.

Se protéger des mutations

Comment lutter contre les mutations ? Selon Bruno Coignard, il est illusoire d'empêcher la diffusion de nouvelles variantes. Au lieu de cela, dit l'expert, nous devrions essayer de retarder leur propagation « aussi longtemps que possible ». Le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) recommande donc que tous les pays où les mutations ne sont pas encore répandues « fassent des efforts pour ralentir la propagation, similaires à ceux qui ont été faits au début de l'épidémie ». En clair : tester le plus grand nombre possible de personnes qui entrent dans les zones à risque, imposer une quarantaine et un isolement, et suivre les contacts.

Il est également demandé de surveiller la fréquence d'apparition de ces variantes, notamment en augmentant le séquençage des virus. Certains tests PCR (test antigénique Covid-19) peuvent également donner une indication de la présence de la variante britannique et ensuite mieux cibler les séquences, a expliqué pour sa part le professeur Arnaud Fontanet, épidémiologiste à l'Institut Pasteur, membre du Conseil scientifique. Pour lui, une « surveillance extrêmement agressive » est essentielle. « Comme ces variantes semblent se propager plus facilement, nous devons être encore plus diligents dans nos mesures préventives pour ralentir la propagation de Covid-19 », a souligné de son côté le Dr. Henri Walke du CDC. Il a réitéré l'importance de respecter les règles de l'AHAL (en allemand distanciation physique-mesures d’hygiène (se laver les mains), port du masque et aération des pièces). En outre, il convient d'éviter les foules, bien évidemment. On ne peut pas faire plus que cela !

Huguette Hérard

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