Le spectre du chaos à un mois du 7 février 2021
L’opposition politique s’est résolue à mettre les bouchées doubles en vue d’obtenir la démission du président de la République Jovenel Moise en annonçant la mise en application de tout un calendrier de mobilisation. Des citoyens disent redouter que le pays sombre dans un chaos total.
L’opposition politique persiste et signe, il faut débarrasser le pays de son actuel président qui, selon elle, a conduit le pays vers la catastrophe durant ces cinq dernières années.
Affaiblie par les querelles intestines au beau milieu de 2020, la direction politique de l’opposition semble vouloir canaliser ses énergies en engageant la bataille sur tous les fronts contre Jovenel Moïse, qui s’accroche à la fin de son mandat en février 2022.
Tout un calendrier vient d’être élaboré à cet effet, en commençant par la poursuite des consultations sur la proposition de sortie de crise, le 11 janvier, en passant par les journées de mobilisation prévues pour les 10 et 20 janvier. L’opposition prévoit de maintenir la pression jusqu’au mois de février 2021, à en croire les signataires de ce nouveau calendrier.
Ces derniers appellent les membres de la population à la désobéissance civile et à des blocages systématiques pour faire tomber le dauphin de Michel Joseph Martelly.
Pour les opposants au régime du Parti haïtien tèt kale, il s’agit de respecter l’échéance constitutionnelle qui consacre ainsi, la fin du mandat de Jovenel Moise. Le secrétaire général du parti Fusion des sociaux-démocrates a précisé en expliquant que la position de la direction politique de l’opposition s’appuie sur l’article 134-2 de la Constitution 1987 amendée.
Pour Rosemond Pradel, l’élu du PHTK n’aura pas d’autre choix que de remettre sa démission après avoir réduit l’État à sa plus simple expression durant son quinquennat.
Dans l’intervalle, de nombreux citoyens, qui disent redouter que le pays ne sombre dans le chaos, ne cachent pas leurs sentiments d’angoisse, considérant la situation actuelle déjà préoccupante.
Gardant encore en souvenir la dure période du « Pays lock » en 2019 et du grand soulèvement populaire de juillet 2018, ils craignent une confrontation entre les forces de l’ordre et les citoyens. Certains se demandent si l’opposition politique a véritablement les moyens de ses objectifs.
Mario Sylvain
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