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« Les séismes sont récurrents, il y aura une prochaine fois, ce n’est pas fini », a alerté Claude Prepetit

« Les séismes sont récurrents, il y aura une prochaine fois, ce n’est pas fini », a alerté Claude Prepetit

11 ans après le séisme dévastateur du 12 janvier 2010, le directeur du Bureau des mines et de l’énergie (BME), l’ingénieur-géologue Claude Prepetit, estime que le pays n’est pas encore prêt pour empêcher une catastrophe similaire à celle du 12 janvier. En conférence-débat ce jeudi 7 janvier 2021, à l’Université de la Fondation Aristide, M. Prepetit a plaidé pour la mitigation afin de réduire les dommages associés aux risques naturels tout en faisant savoir que durant l’année 2020, le pays a connu près de 500 secousses sismiques.

 Le risque sismique en Haïti, avancées et manquements, 11 ans après le séisme du 12 janvier 2010 a été au cœur d’une conférence-débat organisée ce jeudi 7 janvier 2021 à l’université de la Fondation Aristide (UNIFA) à l’intention de plusieurs centaines d’étudiants. Dans une salle remplie à craquer, l’ingénieur-géologue Claude Prepetit a, entre autres, passé en revue les cinq raisons qui ont justifié que des milliers de personnes ont péri dans ce cataclysme.

Dans cette optique, il a d’abord fait mention de l’aléa sismique qui reste méconnu en Haïti. Ensuite, il a indexé le mode de construction et d’aménagement urbain. Selon M. Prepetit, on construit n’importe comment sans tenir compte des effets directs des ondes sur les bâtiments. Pour l’ingénieur-géologue, il faut construire de façon parasismique. Comme troisième raison, il a mis en évidence l’ignorance de la population haïtienne par rapport au risque sismique. Quatrième raison, il a évoqué la banalisation nationale et internationale du risque (pas d’investissement). Et enfin comme dernière raison, il a souligné les manquements liés à notre culture religieuse. Beaucoup de citoyens, dit-il, croient au « Bon Dieu bon », « Kris kapab » pour veiller sur eux.

M. Prepetit a beaucoup insisté sur la nécessité de mettre en application le code national du bâtiment haïtien (CNBH) qui jusqu’à présent ne fait pas l’objet d’une loi contraignant de la part du gouvernement et qui est très important pour la construction afin d’empêcher des dégâts similaires au 12 janvier 2010.

« Il y aura une prochaine fois, ce n’est pas fini, les séismes sont récurrents, l’énergie s’accumule actuellement dans le sol. Et elle peut se libérer à n’importe quel moment. Donc, si il n’y a pas de prévention, de protection et de préparation, les dégâts seront toujours les mêmes », a prévenu l’ingénieur géologue tout en faisant savoir que la mitigation regroupe tout un ensemble de mesures visant à atténuer, réduire les dommages ayant rapport avec les risques naturels ou générés par l’activité humaine.

Après le 12 janvier 2010, M. Prepetit a indiqué que le pays devrait mettre en application des mesures de mitigations couvrant 4 grands axes. La première, l’évaluation de la menace. La deuxième : la mise en application des codes de construction et réalisation de bonne construction. La troisième, c’est la formation, l’éducation et la sensibilisation. Et enfin, la mise en application de plan de prévention et de contingence (organisation de secours ou amélioration de la capacité de réponse). Toutefois, sur ces points, l’ingénieur estime qu’il y a des avancés et des manquements. Il a déploré le fait que 11 ans après le séisme, le centre-ville de Port-au-Prince n’a toujours pas été reconstruit.

Comme certains avancés, l’ingénieur-géologue a indiqué que le pays dispose à présent de certains appareils, de l’unité technique de sismologie se trouvant au Bureau des mines et de l’énergie. Un réseau de surveillance a été installé, a-t-il fait savoir. Un programme de master en géoscience a été instauré à l’Université d’État d’Haïti (UEH). Une carte de micro zonage a été mise sur pied permettant de repérer certains endroits avec leur type de sol. Des exercices de SIMEX ont été effectués dans certains endroits du pays.

En dépit de certaines avancées, l’Ingénieur-géologue, estime qu’il reste de nombreuses lacunes à combler. En ce sens, il a fait mention des personnels du Bureau des mines qui ne reçoivent pas de la formation, le manque de suivi dans les constructions, le non renforcement des mairies, l’inexistence d’un programme au sein du ministère de l’Éducation nationale et de la Formation professionnelle (MENFP) et d’une équipe responsable pour faire la promotion sur le risque sismique. M. Prepetit a souligné aussi le fait que tout le pays ne dispose pas de plan de contingence et que très peu de moyens financiers sont accordés au secteur.

Faut-il signaler, pour l’année 2020, l’ingénieur-géologue a précisé que le BME a enregistré 499 secousses sismiques de magnitude comprise entre 1 et 4.7 sur l’échelle de Richter ? Les départements les plus touchés sont le Nord-Ouest (168), le Sud-Est (130) et l’Ouest (98).

Wisly Bernard Jean-Baptiste

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