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Les prochains jours, seront-ils décisifs dans la bataille politique en Haïti?

Les prochains jours, seront-ils décisifs dans la bataille politique en Haïti?

L’Exécutif avance à grands pas dans ses objectifs d’organiser des élections générales dans le pays et de changer la Constitution sur fond d’insécurité généralisée. Entre l'agenda du pouvoir en place et celui annoncé par l’opposition politique, un grand flou persiste et rend les prochains jours encore plus incertains.

L’Exécutif continue de surprendre à travers l’adoption d’une série de décisions qui, en plus d'engager le devenir de la nation tout entière, sont généralement empreintes d’inconstitutionnalité et peuvent précipiter le pays davantage dans la crise.

Les derniers décrets et/ou arrêtés sont les uns plus contestables que les autres. Avec la publication du décret sur le Code pénal qui devrait entrer en vigueur dans environ dix-huit mois, nombreux sont ceux qui ont cru que l’Exécutif avait franchi les limites.

Cela s’est poursuivi avec les décrets sur l’Agence nationale d’intelligence et le Renforcement de la sécurité publique, qui, pour beaucoup d’acteurs de la société civile, ont mis en relief la velléité d'instaurer un régime autoritaire en Haïti.

Le comble, pour l’opposition, allait se produire avec la mise en place d’un Conseil électoral provisoire qui a outrepassé l'exigence constitutionnelle de prêter serment par-devant la Cour de cassation. Toujours est-il qu’à chaque décision qui soulève le mécontentement des citoyens, l’Exécutif a réussi à trouver la formule nécessaire pour renouer avec le pire.

De leur côté, en dévoilant au grand public son nouveau calendrier électoral, le 7 janvier 2021, les membres du Conseil électoral provisoire décident de faire flèche de tout bois pour parvenir à l’organisation des élections générales dans le pays.

Ces conseillers passent à l’offensive au sein d’une institution très décriée et qui n’a pas bénéficié’ d’après les acteurs politiques de l’opposition, d’un minimum de consensus entre les différents acteurs de la vie nationale, même s’il peut encore compter sur leurs partenaires internationaux.

Ces derniers, faut-il le rappeler, n’ont pas cessé de manifester leur support au processus électoral.

Dans un contexte d’insécurité galopante fortement marqué par les cas de kidnapping, de nombreuses personnes sont sur le qui-vive et se demandent de quoi demain sera fait.

Par ailleurs, l’opposition politique a élaboré son propre calendrier de mobilisation pour obtenir le départ de Jovenel Moise du pouvoir le 7 février 2021.

Ces leaders de l’opposition dénoncent la situation politique en général et particulièrement l’attitude des conseillers électoraux qui, selon eux, affichent leur entière dépendance au pouvoir.

Tandis que leurs opposants crient au scandale, l’administration Moise-Jouthe essaie par tous les moyens de rattraper le temps qui, dans un pareil climat, semble ne pas jouer en sa faveur.

Mario Sylvain

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