Pas de rentrée parlementaire, cette année
Contrairement aux années précédentes, il n’y a pas eu de cérémonie de reprise des travaux parlementaires cette année en Haïti. En raison de la dysfonctionnalité du Parlement, le symbolisme du deuxième lundi du mois de janvier n’a pas été respecté.
Pas de prestation de serment pour des nouveaux élus. Aucun discours officiel du président Jovenel Moise sur l’État de la nation, ni de bilan sur l’action gouvernementale. Parmi les dix sénateurs en fonction, seulement le président, Pierre François Sildor, était présent au Parlement dans la matinée du lundi 11 janvier 2021, en vue de préparer les élections pour le renouvellement du Bureau.
D’après les informations, le sénateur Joseph Lambert se prépare à défier Pierre François Sildor, candidat à sa réélection à la présidence d’un Sénat amputé de deux tiers de ses membres. Pour rappel, entre 2018 et 2019, Joseph Lambert a assuré la présidence du Sénat. Mais c’était une expérience particulièrement amère pour l’élu du Sud-Est.
Durant sa présidence, le scandale Petrocaribe avait pris de l’ampleur. Le sénateur qui voulait banaliser le rapport produit sur cette vaste opération de détournement de fonds a payé le prix durant toute sa présidence. L’assemblée des sénateurs avait décidé de bouder la majorité de ses séances. Le quorum était donc devenu une pierre précieuse très rare pour le sénateur Joseph Lambert.
Ce lundi 11 janvier 2021, aucun esprit n’était particulièrement fixé sur la tradition du deuxième lundi du mois de janvier. La salle de séance officielle restait fermée, et des dizaines d’employées et militants politiques étaient en discussion dans la cour Parlement. La majorité de ces discours se portait sur la date du 7 février 2021.
Les élections législatives, prévues en novembre 2019 n’a pas été organisées. Le Parlement haïtien était devenu caduc depuis le lundi 13 janvier 2020. Le pays est en pleine crise politique, et depuis, le président Jovenel Moïse gouverne par décret. Ses décisions les unes plus controversées que les autres continuent d’enfoncer le pays dans l’incertitude.
Depuis janvier 2020, le Parlement n’est plus en état de fonctionner. Faute d’élections, la Chambre des députés n’existe pas. Quant au Sénat, il a perdu deux tiers de ses membres, dont un tiers sur la base de l’article 134-2 de la constitution en vigueur. La période d’incertitude, qui a débuté en janvier 2020, risque de s’aggraver à partir de 7 février 2021.
Depuis cette période, le président de la République a les coudées franches. Il n’y a pas de véritable contre-pouvoir institutionnel depuis cette situation délicate du parlement haïtien. En cette circonstance, la justice qui devrait prendre le relais en tant que dernier rempart est traitée en parent pauvre. Les mandats de plusieurs juges sont arrivés à terme. Responsable du processus de nomination au sein du système, le pouvoir exécutif fait trainer le processus.
Cette traditionnelle cérémonie qui réunissait chaque année des députés, en costume blanc et cravate noire, et des sénateurs, costume noir et cravate noire, n’a pas eu lieu en 2021 en raison de la crise politique. Ce qui était prévisible. À présent, il reste à savoir si ce rendez-vous sera respecté l’année prochaine. Ce qui est certain, avec le flou qui persiste autour de la date du 7 février 2021, on est parti sur de mauvaises bases.
Evens REGIS
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