Gouvernance : où sont passées les véritables urgences ?
Au moment de dresser le bilan des plus de 120 premiers jours du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé à la tête du pays, un constat s’impose avec une certaine évidence : l’action la plus visible du chef du gouvernement demeure ses échanges répétés avec le Conseil électoral provisoire (CEP).
Ces discussions s’inscrivent dans un climat de tensions persistantes entre les deux institutions, alimentées notamment par les principes constitutionnels, en particulier l’article 191, qui consacre l’indépendance du CEP. Certes, les deux parties affirment être parvenues à un terrain d’entente autour du décret électoral et expriment leur volonté de coordonner leurs actions pour faire avancer le processus. Mais dans les faits, aucun calendrier précis n’a été communiqué. Une fois encore, la tenue d’élections semble reléguée au rang de promesse.
Dans l’opinion publique, les critiques se font de plus en plus vives. Les opposants dénoncent un gouvernement davantage préoccupé par la conclusion de contrats opaques que par la gestion des urgences nationales. Les accords passés avec Erik Prince, fondateur de Blackwater, notamment dans le domaine sécuritaire pour une durée de dix ans, ainsi que ceux relatifs aux prisons ou à la modernisation des douanes, suscitent de nombreuses interrogations. Leur opacité et leur manque de transparence alimentent le soupçon d’une gouvernance orientée vers des intérêts particuliers, au détriment des besoins immédiats de la population.
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