Jovenel Moise demande à ses adversaires politiques de se réveiller
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À l’occasion du lancement de la 5e journée de réflexion sur la gouvernance économique, le chef de l’État haïtien s’est adressé directement à ses adversaires politiques qui souhaitent profiter de la date du 7 février 2021 pour le déloger du Palais national. En ce sens, il conseille aux leaders de l’opposition de se réveiller et de commencer à préparer les élections.
L’activité était consacrée à la problématique de la bonne gouvernance économique en Haïti, mais le président Jovenel Moise en a profité pour s’en prendre à ses adversaires politiques qui l’attendent au carrefour du 7 février 2021. D’un ton ferme, le locataire du Palais national a laissé entendre qu’il ne partira pas avant la fin de son mandat. « Le règne de la transition, le règne de la gouvernance par la peur et de la terreur sont révolus », dit-il. Pour lui, les élections restent le seul et unique moyen d’accéder à la gouvernance du pays.
Le chef de l’État voit en ses adversaires politiques comme des personnages qui aiment nager en eaux troubles, qui font de la politique sans inspiration et qui préfèrent le chaos parce qu’ils n’ont pas la capacité de mobiliser les citoyens. Ce sont des gens qui sont contre la démocratie, et qui espèrent faire régner la corruption, le trafic d’influence, la captation des biens publics par le biais d’un pouvoir de transition. Tout en critiquant cette politique qui ne vise pas à améliorer les conditions d’existence de la population, le président invite ses adversaires à changer leur fusil d’épaule.
Le président a fait ces déclarations au moment de lancer la 5e journée de l’économie organisée par la Primature autour du thème : « Constitution et élection pour une bonne gouvernance économique ». Au cours de cette journée, plusieurs sous-thématiques liées aux choix économiques du pays, développement durable, reforme judiciaire, la corruption, la stabilité politique, la tenue des élections et le changement de la Constitution ont été approfondis par des ministres, conseillers électoraux et des membres du Comité consultatif indépendant pour l’élaboration de la nouvelle constitution.
Selon les autorités, cette journée a été motivée par la décision du gouvernement d’identifier les goulots d’étranglement de la gouvernance économique liés à la Constitution. C’est une journée qui visait à produire des réflexions destinées à démontrer comment la Constitution et les élections peuvent stimuler la bonne gouvernance économique du pays, présenter un état des lieux de la gouvernance économique du pays, et de démontrer comment les élections peuvent contribuer à garantir la stabilité politique en Haïti.
À l’occasion, quelques grandes lignes du projet de la nouvelle constitution ont été présentées. Ces grandes lignes concernent notamment des avantages offerts à la jeunesse, aux femmes et aux ressortissants haïtiens de l’étranger. En ce qui concerne les avantages offerts à la jeunesse, la nouvelle constitution baissera l’âge d’accès aux fonctions électives à 25 ans. Dans la nouvelle constitution, le quota de 30 % de femmes à tous les niveaux de la vie nationale passera à 35 %, notamment dans les services publics.
Avec une reconnaissance de la pluri-nationalité, cette nouvelle constitution donne aux Haïtiens de la diaspora le droit de participer dans tout ce qui se fait en Haïti. Ils vont pouvoir accéder à tous les postes listés dans la Constitution. Aussi, la possibilité sera offerte à tout étranger ayant une ascendance haïtienne de réclamer la nationalité haïtienne même après plusieurs générations. À partir de cette constitution, le président ne sera plus considéré comme mineur, et un vice-président sera élu avec lui aux suffrages universels.
Pour le Parlement, il sera monocaméral avec uniquement la Chambre des députés. Des délais seront aussi introduits pour le vote des lois des finances et des règlements nécessaires à la décharge pour les ordonnateurs et comptables de deniers publics. En revanche, le contrôle des actions gouvernementales sera aussi renforcé. Par ailleurs, le terme commissaire du gouvernement sera remplacé par « procureur ». Tant d’autres changements qui visent à améliorer le fonctionnement au niveau des collectivités, du système judiciaire, de la Cour supérieure des comptes, la Cour constitutionnelle, etc. sont également pris en compte dans ce projet de nouvelle constitution.
Evens REGIS
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