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Première journée de la grève syndicale : paralysie totale des activités dans la zone métropolitaine de Port-au-Prince

Première journée de la grève syndicale : paralysie totale des activités dans la zone métropolitaine de Port-au-Prince

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À l’initiative du Collectif des syndicats haïtiens pour le respect de la Constitution de 1987 (COSHARCO-1987), le mot d’ordre de grève générale lancé ce 1er février 2021 pour dire non aux kidnappings et la fin du régime en place le 7 février 2021 a bel et bien été respecté. De Pétion-ville à Delmas pour aboutir au Centre-Ville de Port-au-Prince, pour ne citer que ces zones, les activités ont été complètement paralysées. Le transport en commun, les entreprises commerciales et financières, les écoles ont répondu à l’appel pour le premier jour.

Comme annoncée depuis plus d’une semaine, des syndicats comme le Mouvement unifié des travailleurs haïtiens (MUTH) , la Centrale nationale des ouvriers haïtiens (CNOHA), la Brigade syndicale Anti-Corruption (BSAC), l’Union Nationale des Normaliens et Éducateurs d’Haïti (l’UNNOEH), le Secteur de transporteur terrestre d’Haïti (STTH), l’Association des propriétaires et chauffeurs haïtiens (APCH), la Confédération des travailleurs d’Haïti (CTH), regroupés au sein du Collectif des syndicats haïtiens pour le respect de la Constitution de 1987 (COSHARCO-1987) ont entamé un mouvement de grève générale dans tout le pays, ce 1er février 2021.

De ce débrayage qui doit prendre fin ce 2 février 2021, les instigateurs entendent donner une réponse à l’insécurité, particulièrement le kidnapping qui fait rage dans le pays et surtout la région métropolitaine de Port-au-Prince. Également, le COSHARCO-1987 à travers une résolution prise en commun avait profité pour lancer un appel au peuple haïtien afin de se rebeller « pour faire échec au plan dictatorial du président Jovenel Moïse en lui forçant à quitter le pouvoir, au cas il aurait refusé de le faire, le 7 février 2021, date marquant la fin de son mandat constitutionnel, selon les articles 134.2 et 134.3 de la Constitution ».

Et de fait, de nombreux citoyens et organisations, comme le Collectif des avocats pour la défense des droits de l’homme (CADDHO), avaient manifesté leur intérêts de soutenir la grève. « Nou sipòte kare bare grèv lendi premye ak madi 2 fevriye a nan lide pou fè respekte atik 134.2 Konstitisyon an ki di manda Jovenel Moise fini 7 fevriye 2021. Nou mande tout sitwayen pou pran responsablite yo nan tout rakwen peyi a pou fè respekte Konstitisyon an. Se batay li ye », avait fait savoir la veille, le porte-parole du secteur démocratique et populaire, Me André Michel.

« M apiye grèv lendi 1er, ak madi 2 fevriye 2021 an. Mwen mande sektè prive a pa kanpe anfas pèp la: respekte grèv la. Mwen mande pèp la pa kraze afè moun. N ap bezwen tout moun pou n rebati peyi a. Se Konstitisyon an nou mande respekte. Manda Jovenel ap fini 7 fevriye 2021/atik 134.2 », a écrit l’ancien sénateur Youri Latortue, opposant farouche du régime en place le 31 janvier 2021.

En ce 1er février 2021, les nombreux syndicats qui ont lancé l’appel ont gagné leur pari. Puisque, de Pétion-ville à Delmas pour aboutir au Centre-Ville de Port-au-Prince, les activités ont été complètement paralysées. Et le transport en commun, qui n’a pas fonctionné, a beaucoup aidé. Les banques, les écoles, les supermarchés, les stations à essence, les entreprises privées et publiques ont gardé leurs portes fermées.

Dans les zones aux fortes concentrations d’activités comme le Carrefour de l’aéroport, renommé Carrefour de résistance, le carrefour de Delmas 33 à l’exception des chauffeurs de taxi-motos et quelques petits marchands, la gare routière de Pétion-Ville (bloc ancien cimetière), le Centre-ville de Port-au-Prince (aux abords du stade Sylvio Cator, Portail Léogane), le constat a été le même. Paralysie des activités. À la rue d’Ennery, avant l’Hôpital Saint-François de Sales, des jeunes ont été remarqués en train de jouer en plein milieu de la route très dégagée.

À part, quelques rares véhicules de transports privés, certains chauffeurs de taxi-motos qui ont été dans les rues et les petits marchands qui vivent au jour le jour, le COSHARCO-1987 a fait une véritable démonstration de force. Cependant, beaucoup de questions restent pendantes. Est-ce que les actes de kidnapping vont cesser dans le pays avec ces journées de grève? Est-ce que ces deux journées de grève suffisent pour forcer le président de la République à quitter le pouvoir le 7 février 2021 ?

Wisly Bernard Jean-Baptiste

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