La tempête Mélissa laisse un lourd tribut humain et matériel dans plusieurs départements du pays
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La tempête Mélissa a frappé Haïti dès la semaine du 21 au 22 octobre. Elle s’est rapidement transformée en ouragan de catégorie 5. Plusieurs départements ont été touchés par son passage, notamment l’Ouest, le Sud-Est, la Grand’Anse, les Nippes et le Sud, selon les responsables de la Direction Générale de la Protection Civile (DGPC). Après confirmation par l’Unité Hydrométéorologique d’Haïti (UHM), ces départements ont été placés sous alerte jaune, avant d’être reclassés en vigilance rouge par les autorités.
Malgré l’œil du cyclone n’ait pas traversé directement le pays, de nombreuses maisons ont été endommagées, des axes routiers coupés, des pertes en vies humaines enregistrées et la disparition de bétail signalée, selon les dernières informations des autorités locales.
Selon Ronald Délice, directeur de la Direction Départementale de la Protection Civile (DDPC) du Sud-Est, les dégâts sont considérables en matière d’infrastructures routières et agricoles. Le ciel reste nuageux dans le département et les pluies persistent. Il souligne que les jardins des habitants ont été totalement dévastés et que la route de Jacmel reliant aux départements de l’Ouest et des autres départements est sévèrement endommagée par la grande rivière de Jacmel.
Actuellement, selon le directeur Ronald Délice, la circulation est inaccessible dans cet axe routier. Une autre route menant à la commune de Bernet a également été endommagée. Il est impossible de se rendre à Belle-Anse, les axes routiers étant totalement coupés, et il est quasiment impossible de fréquenter les eaux de la mer, selon le directeur.
Toujours selon Ronald Délice, 110 personnes sont actuellement hébergées dans des abris provisoires répartis entre Cayes, Jacmel, Marigot et Belle-Anse. Aucun décès n’a été enregistré dans cette zone, mais plusieurs bétails, notamment des cabris, ont été tués. Il précise toutefois qu’avant l’apparition de Mélissa, lors des intempéries, une personne nommée Jules Pierre est décédée après avoir été frappée par un arbre. Ce dernier était assis malheureusement sous cet arbre, qui a en suite causé sa mort.
Par ailleurs, Ronald Délice rapporte quatre cas de mortalité suspecte liés au choléra dans la commune de Grand-Gosier, ainsi qu’un phénomène de diarrhée aiguë remarqué à Belle-Anse et Grand-Gosier. Toutefois, les départements du Grand Sud restent jusqu’à présent sous vigilance jaune en raison du risque d’inondation.
Dans le département de la Grand’Anse, le bilan humain s’est plus alourdi. Christine Monquele, directrice départementale de la Grand-Anse fait état de trois décès: un à Pestel et deux à Bomont. Une personne a été blessée et une autre portée disparue.
Elle rapporte également une centaine de maisons endommagées et des pertes importantes dans le secteur agricole. Plusieurs axes routiers ont été coupés, mais grâce à l’intervention du MTPTC, certaines routes sont désormais accessibles, bien que d’autres restent toujours bloquées. Les habitants ont subi d’importantes pertes de bétail et leurs jardins ont été ravagés. Des équipements de pêche ont également disparu en mer.
En outre, Christine Monquele alerte sur la possible réapparition de certaines maladies après le passage de Mélissa, et sur l’aggravation de l’insécurité alimentaire due à la destruction des jardins. Contrairement au Sud-Est, le ciel est actuellement dégagé dans la Grand’Anse, les pluies ont cessé et les rivières commencent à baisser. Elle indique que 54 abris provisoires ont accueilli 7 687 personnes, dont certains commencent à regagner leurs domiciles.
Elle souligne également le soutien de partenaires internationaux tels que le PAM, l’OIM et la Croix-Rouge, qui ont apporté leur aide aux sinistrés.
Parallèlement, des organisations étrangères comme le PAM, l’OIM et l’UNICEF ont renforcé leur appui aux plus vulnérables. Le PAM a lancé des distributions alimentaires d’urgence ciblant 5 200 personnes dans le Grand Sud. L’OIM a soutenu plus de 150 abris d’évacuation et fourni des biens non alimentaires. L’UNICEF a prépositionné 2 900 kits WASH couvrant 14 500 personnes. La FAO, de son côté, a distribué 1 000 kits de production alimentaire d’urgence pour soutenir la relance agricole dans la région.
Les autorités locales restent en alerte, notamment dans les départements de la Grand’Anse, du Sud, du Sud-Est et des Nippes, où les pluies soutenues continuent de menacer les populations dans certains départements. Les autorités appellent la population à rester vigilante face aux menaces pesant sur les départements ciblés.
Likenton Joseph
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