A l’ONU, le président du CPT, Anthony Franck Laurent Saint-Cyr, passe le grand oral
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À l’occasion de la troisième journée des débats généraux de l'Assemblée générale des Nations Unies, le président du Conseil présidentiel de transition (CPT), Anthony Franck Laurent Saint-Cyr, a dressé un tableau sombre de la situation sécuritaire en Haïti. Un discours attendu par le peuple haïtien, mais qui pourrait paraître creux s’il n’est pas suivi d’actions concrètes et durables.
Ce jeudi 25 septembre 2025, comme prévu, le coordonnateur du CPT a pris la parole à la tribune de l’ONU pour solliciter le soutien de la communauté internationale face à une situation qui ne cesse de se détériorer. Laurent Saint-Cyr a souligné l’urgence de restaurer l’ordre public, alors que les groupes armés intensifient leurs attaques contre les commissariats et la population.
Il a insisté sur la nécessité pour la communauté internationale de déployer des moyens conséquents. « Avec gravité et beaucoup d’espoir, je porte la voix d’Haïti, un peuple digne et résilient », a-t-il déclaré, attirant l’attention de l’Assemblée sur la tragédie humaine en cours, décrite comme une « guerre entre des criminels qui veulent imposer la violence comme ordre social à une population désarmée ».
L’homme d’affaires Anthony Franck Laurent Saint-Cyr a appelé à une « riposte ferme et résolue » de la part de la communauté internationale, exigeant « une action forte, coordonnée et immédiate, sans demi-mesures ».
À seulement quatre heures de vol de New York, une tragédie humaine se joue: quartiers réduits en cendres, plus d’un million de déplacés internes, enfants privés d’éducation, femmes victimes de violences, hôpitaux incendiés ou abandonnés. Près de la moitié de la population fait face à une insécurité alimentaire aiguë. « Haïti vit une véritable guerre », a dénoncé le président du Conseil, rappelant que chaque minute d’inaction coûte des vies et affaiblit la démocratie.
Le coordonnateur a salué le courage des forces de l’ordre haïtiennes ainsi que celui de la Mission multinationale d’appui à la sécurité (MMAS), tout en regrettant que celle-ci ne compte qu’un millier de membres sur le terrain, alors que 2 500 avaient été « requis et promis ». Il a souligné qu’« Haïti se trouve à l’épicentre d’une menace régionale inédite », portée par des « réseaux criminels puissants et lourdement armés » menaçant l’ensemble de la région.
Le président a affirmé que le peuple haïtien revendique « pour lui-même et pour l’humanité entière trois promesses universelles: le développement, le respect de la dignité humaine et la paix », cette dernière étant, selon lui, « l’urgence absolue » du moment. Il a également déploré les pertes humaines quotidiennes causées par les assaillants.
« Haïti n’est pas une nation de résignés, mais un peuple debout. Nous devons bâtir la paix, pour la Caraïbe, pour les Amériques, pour l’humanité entière », a-t-il martelé, tout en soulignant qu’Haïti ne pourra relever ce défi seule, sans l’appui de la communauté internationale. Il a également rendu un vibrant hommage aux policiers haïtiens et kenyans tombés dans la lutte contre les gangs.
M. Saint-Cyr a rappelé que 2025 marque le bicentenaire de l’ordonnance imposant à Haïti le paiement d’une « rançon » pour la reconnaissance de son indépendance. Il a profité de l’occasion pour réclamer réparation, « non pas dans un esprit de revanche ni d’acrimonie, mais avec un souci de justice et de vérité ». À cet égard, il a salué la résolution du 5 juin 2025 de l’Assemblée nationale française reconnaissant l’injustice de cette exigence.
De l’autre côté, le président du CPT a réaffirmé son engagement à organiser des élections libres et inclusives dès que la sécurité sera rétablie. Il a précisé que plus de 85 % des centres de vote ont été identifiés et que 70 % du personnel électoral est déjà recruté.
Il a également félicité les États-Unis et le Panama pour leur initiative, qui pourrait marquer un tournant décisif dans la lutte contre la crise qui étouffe la nation haïtienne. Il a voté en faveur d’une résolution visant à transformer la mission multinationale en une force de répression des gangs, autour de laquelle Haïti pourrait enfin respirer.
Notons que, son prédécesseur Edgard Leblanc Fils avait prononcé à la tribune de l’ONU lors de la 79e assemblée générale, un discours, aussi intéressant qui était beaucoup apprécié par le population haïtienne, malheureusement qui est resté sans suite. Cette fois, le peuple haïtien espère que les paroles seront suivies d’actions concrètes.
Likenton Joseph
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