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La FENASE exige l’application rigoureuse de l’accord du 20 janvier 2025

La FENASE exige l’application rigoureuse de l’accord du 20 janvier 2025

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La Fédération Nationale des Syndicats en Éducation (FENASE) a organisé, ce mercredi 10 septembre 2025 à Pétion-Ville, une conférence afin d’attirer l’attention du ministère de l’Éducation nationale et de la Formation professionnelle (MENFP) sur la nécessité de mettre en application l’accord signé le 20 janvier dernier entre le MENFP et les syndicats d’enseignants. Elle en a profité pour formuler un ensemble de recommandations en vue de la rentrée scolaire 2025-2026.

À moins de trois semaines de l’ouverture officielle des classes, la situation reste tendue dans les écoles publiques. Les enseignants continuent de réclamer de meilleures conditions de travail. M. Yvel Admettre, président de la FENASE, a rappelé que depuis neuf mois, les responsables du MENFP se sont engagés, à travers l’accord du 20 janvier 2025, à résoudre une série de problèmes auxquels fait face le corps enseignant. Pourtant, selon lui, aucun des engagements pris n’a été respecté. « Jusqu’à présent, cet accord reste une véritable trahison pour les enseignants », a-t-il dénoncé.

M. Admettre a aussi accusé le Conseil Présidentiel de Transition (CPT) et le chef du gouvernement d’indifférence face à la crise éducative. Quant au ministre de l’Éducation, le professeur Augustin Antoine, il lui reproche son silence alors que « le système éducatif est en train de sombrer ». Le syndicaliste a souligné la précarité des conditions de vie des éducateurs, abandonnés à eux-mêmes, sans protection ni garantie de leurs droits.

« Nous constatons que les nominations dans le système éducatif se font sur la base de favoritisme et de relations politiques, et non sur la compétence. Un instructeur peut travailler 25 heures par semaine pour un salaire de seulement 22 000 gourdes par mois. Pourtant, un ajustement salarial avait été promis, mais il n’a jamais été appliqué », a-t-il ajouté.

Parmi les points inscrits dans l’accord du 20 janvier figuraient : la nomination des enseignants sur la base de qualifications et de compétences, la révision de l’assurance santé des professeurs et un ajustement salarial pour les enseignants déjà budgétisés. Neuf mois plus tard, rien n’a été respecté. La FENASE regrette que le gouvernement n’ait donné aucun signe de volonté réelle pour résoudre la crise éducative, condition essentielle à une rentrée scolaire sereine.

La fédération appelle également l’État haïtien à accompagner les enseignants victimes d’insécurité, nombreux à avoir dû abandonner leur domicile sous la menace des gangs. Elle exige aussi que tous les enfants en âge d’être scolarisés aient accès à l’école, rappelant que le droit à l’éducation est universel et inaliénable.

Cependant, plusieurs écoles publiques ont été détruites ou déplacées et le MENFP n’a toujours pas indiqué où elles seront relogées, y compris certains lycées. La FENASE insiste sur la nécessité pour l’État d’investir davantage dans l’éducation afin d’éviter que l’école ne devienne un luxe. Elle rappelle que la Constitution prévoit une éducation gratuite au moins jusqu’au niveau fondamental.

« L’instruction n’est pas une dépense, mais un investissement social essentiel pour former une nouvelle génération de citoyens capables de contribuer au développement du pays », a déclaré la fédération.

Concernant les enseignants contractuels, la plateforme syndicale réclame l’application intégrale de l’accord du 20 janvier 2025. Elle dénonce les nominations politiques faites sur la base de favoritisme, souvent sans consultation des directions départementales.

« Nos revendications sont claires : la publication des lettres de nomination pour les enseignants en attente de régularisation, l’inscription dans le prochain budget national des salaires et ajustements prévus pour les enseignants du premier et du deuxième cycles fondamentaux, ainsi qu’une augmentation salariale significative pour ceux déjà budgétisés », a conclu le syndicaliste.

En guise d’avertissement, la FENASE prévient que si rien n’est fait d’ici la rentrée scolaire prévue le 1er octobre et que leurs revendications ne sont pas satisfaites, l’année scolaire risque de très mal débuter avec d’éventuels mouvements de protestation et de grève.

Yamine Sanon

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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