Chiffre record pour la douane, 11 milliards de gourdes collectés pour le seul mois d’août 2025
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ne cesse d’enregistrer des performances remarquables ces dernières années. Pour le seul mois d’août 2025, l’institution a collecté plus de 11 milliards de gourdes. Sur les onze premiers mois de l’exercice fiscal 2024-2025, les recettes cumulées atteignent déjà 115,63 milliards de gourdes.
Selon les données révélées par l'AGD, au cours du mois d’août, le montant exact perçu s’élève à 11 233 421 013,98 gourdes. Ces résultats surviennent dans un contexte marqué par une crise sécuritaire sans précédent, qui a considérablement freiné les importations et exportations du pays. Les principaux axes routiers demeurent sous le contrôle de groupes armés qui y ont installé des postes de péage illégaux. Plusieurs points frontaliers et postes douaniers stratégiques, tels que Malpasse et Belladère, sont également tombés sous l’emprise de gangs.
Pour l’exercice 2024-2025, dont le budget rectificatif a été adopté en avril, les prévisions de l’État s’élèvent à 323,4 milliards de gourdes. À elles seules, les Douanes ont déjà mobilisé 115,63 milliards de gourdes, soit une moyenne mensuelle de plus de 10,51 milliards. Des chiffres qui contrastent fortement avec les exercices précédents (2023-2024, 2022-2023), où l’État n’avait même pas pu franchir le cap des 100 milliards de gourdes de recettes.
Ces performances surviennent dans un contexte de réformes entamées pour revitaliser l’institution. Toutefois, l’AGD reste confrontée à de nombreux défis, notamment le manque de moyens technologiques pour moderniser ses services, la lutte contre la corruption et la contrebande, la sécurisation des points de passage, ainsi que la mise en place d’une politique administrative efficace afin d’assurer l’entrée optimale des ressources fiscales.
En outre, dans la conjoncture actuelle, les recettes douanières proviennent principalement des importations. Un rapport de la Banque de la République d’Haïti, via la Direction des affaires internationales (DAE), souligne que les produits alimentaires, les boissons et le tabac figurent en tête de liste des biens importés. Ce constat illustre le recul de la production agricole nationale. Pour l’année 2025, les importations représentent en moyenne entre 300 et 400 millions de dollars américains par mois.
Selon certains économistes, l’urgence est de redresser l’économie nationale. La dépendance vis-à-vis des produits importés alimente l’inflation et fragilise davantage les ménages. Il devient donc crucial de stimuler les investissements et de relancer la production locale, afin de rééquilibrer la balance commerciale. Suivant les dernières prévisions, la croissance économique du pays est attendue autour de 1 % d’ici la fin de l’année 2025.
Oberde Charles
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