La jeunesse haïtienne entre réformes politiques et défis quotidiens
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Ce 12 août marque la Journée mondiale de la jeunesse. Le thème , « L’action locale des jeunes en faveur des objectifs de développement durable et au-delà », souligne le rôle central que joue la jeunesse dans la concrétisation des ambitions mondiales, notamment à travers l’engagement communautaire.
En Haïti, cette célébration résonne avec une actualité politique importante : l’avant-projet de la nouvelle Constitution qui prévoit un abaissement significatif de l’âge requis pour occuper certaines fonctions électives. Désormais, il serait possible, si le texte est adopté, d’être élu maire ou député dès 21 ans, sénateur à partir de 25 ans et président à partir de 30 ans. Cette orientation traduit une volonté affichée d’inclusion politique, offrant à la jeunesse la possibilité de devenir actrice du changement.
En effet, Haïti fait face à une crise profonde qui fragilise l'avenir de sa jeunesse. « Insécurité chronique, chômage massif, exode universitaire, manque d’infrastructures éducatives et de formation. » Dans plusieurs quartiers de Port-au-Prince et dans des villes de province, des jeunes meurent chaque semaine, victimes de balles perdues lors d’affrontements armés. D’autres voient leurs projets s’effondrer faute d’accès à l’emploi ou à l’enseignement supérieur. Les universités publiques ainsi que des établissements restent inaccessibles à une large partie de la population en raison de coûts élevés.
Pour de nombreux observateurs, l’abaissement de l’âge d’éligibilité constitue un signal fort. Mais cette mesure, à elle seule, ne suffira pas à inverser la tendance. « Promouvoir la jeunesse en politique, c’est bien, mais il faut aussi lui garantir un environnement sûr, des opportunités d’éducation et d’emploi, et un accompagnement solide »,
À l’occasion de cette Journée mondiale de la jeunesse, la question qui se pose est : à quoi sert d’ouvrir les portes des institutions si, dehors, les jeunes continuent de tomber sous les balles, de fuir le pays ou de voir leurs ambitions brisées par la misère et l’instabilité ?
Tout compte fait, l’avenir d’Haïti se joue aujourd’hui. Plus que jamais, la jeunesse a besoin d’espaces pour s’exprimer, de moyens pour se former, et de garanties pour vivre en sécurité. Les réformes constitutionnelles peuvent être un premier pas, mais elles doivent s’accompagner d’actions concrètes pour que l’espoir dépasse les textes et devienne réalité.
Vladimir Predvil
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