Parquet de Port-au-Prince : Les avocats suspendent temporairement leur mouvement
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Les avocats protestataires annoncent une trêve de 72 heures tout en maintenant leur position première qui est la révocation du commissaire du gouvernement de Port-au-Prince.
Le groupe d’avocats qui militent pour la révocation de Me Frantz Monclair comme commissaire du gouvernement de Port-au-Prince poursuit sa mobilisation dans la cour du parquet de Port-au-Prince pour une quatrième semaine.
Ils ont indiqué que, lors de la clôture de la troisième semaine, les avocats protestataires se sont concertés et ont décidé d’observer une trêve, un « couloir d’urgence » de 72 heures, soit trois jours, qui a commencé ce lundi et prendra fin mercredi.
Cette décision a été prise afin de permettre aux justiciables d’avoir accès à certains services, tels que la légalisation de documents et l’obtention de casiers judiciaires.
« Ces pièces, nous savons qu’elles sont parfois nécessaires pour des questions de bourses d’études internationales et d’autres activités », a précisé l’un des avocats protestataires, Me Gueter Pierre.
Les personnes arrêtées de manière illégale et arbitraire qui doivent se rendre au parquet pour qu’un substitut donne suite à leurs dossiers pourront aussi en bénéficier.
Tous les commissariats, sous-commissariats et la DCPJ pourront, à partir de ce lundi, commencer à acheminer ces prévenus au parquet, selon Me Gueter.
Ils ont précisé qu’ils resteront présents sur place pour contrôler l’utilisation de cette période et de cet espace.
« Si, dans cet intervalle, nous remarquons qu’il s’agit de désordre, de corruption, automatiquement, nous lèverons la trêve, nous lèverons le couloir d’urgence. Nous n’avons pas créé ce couloir pour que Frantz Monclair continue de commettre des actes de corruption », a tenu à préciser l’homme de loi.
Ils ont également annoncé qu’un groupe d’avocats protestataires est en réunion au ministère de la Justice.
Ils affirment donc que la révocation de Frantz Monclair n’est pas négociable et demandent à leurs supérieurs hiérarchiques de profiter de cette trêve pour statuer sur le sort du commissaire du gouvernement de Port-au-Prince. « Si, toutefois, ils ne prennent pas la bonne décision avant jeudi, les choses vont mal tourner », a poursuivi Me Gueter Pierre.
De son côté, Me Nelson Frantzi explique que c’est après de nombreux appels de membres de la société civile, de directeurs d’écoles et d’associations d’étudiants qu’il a été jugé bon d’accorder ce couloir d’urgence.
Il précise également que cette décision n’a pas été prise pour favoriser l’ancien sénateur Nenel Cassis et souligne que ce dernier est un citoyen comme les autres.
Le couloir d’urgence est créé pour tous les citoyens qui en ont besoin.
« Nous ne protestons pas contre un politicien, mais contre une personne qui, en tant que responsable institutionnel du parquet, l’a transformé en son cabinet et comme un outil de racket de la justice. Nous avons clairement fait savoir au ministre de la Justice que nous lançons la trêve, mais c’est sans Frantz Monclair ».
Sorah Schamma Joseph
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