Parquet de Port-au-Prince: des avocats dénoncent la corruption et la mauvaise gestion de Me Frantz Monclair
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Au sein du Parquet de Port-au-Prince, plusieurs avocats ont suspendu leurs activités pour protester contre des actes présumés de corruption affectant l'appareil judiciaire. Me Marc-Sony Charles, avocat au barreau de Port-au-Prince, affirme que le commissaire du gouvernement en poste, Frantz Monclair, est impliqué dans des pratiques de corruption, entraînant le blocage de nombreuses décisions judiciaires en raison de la mauvaise gestion du Parquet. Plusieurs individus auraient été libérés en dehors du cadre légal, selon les déclarations de l’avocat au journal Le National.
Membre de l’Association nationale des juristes haïtiens pour l’avancement du droit (ANAJHAD), Me Charles dénonce les dérives observées sous la direction de Frantz Monclair. « Il y a de nombreuses pratiques malsaines au niveau du Parquet de Port-au-Prince. De nombreux magistrats, soucieux de respecter la loi et le serment qu’ils ont prêté pour défendre la Constitution, rencontrent des difficultés car leurs décisions ne sont pas toujours respectées par le chef du Parquet, Frantz Monclair, qui dirige l’institution de manière arbitraire », a-t-il indiqué.
Selon ses propos, le commissaire du gouvernement ne consacre que deux jours par semaine aux rencontres avec les avocats, ce qui complique le traitement des dossiers en attente. En outre, il est accusé de prendre des décisions arbitraires, parfois en libérant des personnes en dehors de tout cadre légal, ou en bloquant l’exécution de certaines décisions de justice qui ne s’alignent pas sur sa volonté ou ses intérêts personnels.
Au début de cette semaine, plusieurs avocats ont manifesté devant les locaux du Parquet de Port-au-Prince pour réclamer la démission de l'actuel commissaire du gouvernement. Ils dénoncent une généralisation des pratiques de corruption dans l’institution, citant notamment l’exigence d’un paiement de 5 000 gourdes pour pouvoir déposer une plainte. Une pratique contraire à la loi, jugent-ils! Par ailleurs, de nombreux dossiers impliquant des infractions criminelles seraient bloqués ou mal orientés. Au lieu d’être transmis aux cabinets d’instruction, ils seraient renvoyés devant les tribunaux correctionnels, une manœuvre qui, selon les avocats protestataires, viserait à monnayer la procédure tout en fragilisant l’appareil judiciaire.
Face à ces accusations, les avocats réclament urgemment la révocation du commissaire du gouvernement. L’ANAJHAD affirme soutenir le mouvement de protestation et demande à ce que le ministre de la Justice, Patrick Pélissier, intervienne rapidement pour répondre aux revendications jugées légitimes des avocats et pour mettre fin aux abus du commissaire Monclair.
« Il est vrai que le pays traverse de graves difficultés, que nos institutions sont effondrées depuis longtemps, et que la population réclame désespérément justice. Mais cela ne donne en aucun cas le droit à un magistrat ou à un commissaire du gouvernement de prendre des décisions au mépris total de la loi », a conclu Me Marc-Sony Charles.
Dans l’immédiat, les avocats appellent à une réponse ferme de la part du ministère de la Justice et annoncent la poursuite de leur mobilisation jusqu’à ce que des mesures concrètes soient prises.
Oberde Charles
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