BINUH : prolongation de mandat, pour quels résultats ?
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Tandis qu’Haïti est plongée dans une crise multidimensionnelle, politique, sécuritaire et humanitaire, sans précédent, le Conseil de sécurité des Nations unies a décidé, ce lundi 14 juillet 2025, de prolonger jusqu’au 31 janvier 2026 le mandat du Bureau intégré des Nations unies en Haïti. La résolution 2785 adoptée à l’unanimité, maintient les fonctions de l’organe onusien, soutien à la transition politique, promotion des droits humains, renforcement de l’État de droit, et bons offices.
En effet, cette décision intervient alors que le quotidien des Haïtiens reste marqué par la terreur des gangs armés qui kidnappent, pillent, violent, et exécutent en toute impunité. La capitale est fragmentée en zones de non-droit. Les structures de l’État sont soit absentes, soit sous contrôle des groupes armés. Des milliers de personnes sont déplacées, affamées, sans accès à des soins. Haïti vit une crise systémique, où tout s’effondre.
Créé en 2019, le BINUH est censé aider Haïti à retrouver la voie de la stabilité, accompagner le processus démocratique, promouvoir la paix et les droits fondamentaux. Mais comment parler de transition politique quand les institutions sont paralysées et qu'aucune élection n'a été tenue depuis des années ? Comment parler de sécurité, alors que des zones entières du territoire sont livrées aux gangs ? Comment parler de droits humains, alors que les populations vivent dans la terreur, sans accès à la justice, à la santé, ni à l’éducation. Se demandent plus d'un ?
« Malgré ce contexte sombre, plusieurs membres de l’ONU dont les pays du groupe A3+ Algérie, Sierra Leone, Somalie et Guyana ont salué le renouvellement du mandat, tout en appelant à une réflexion urgente sur le rôle réel de l’ONU en Haïti. Ils demandent la mise en œuvre rapide des recommandations formulées par le Secrétaire général António Guterres en février 2025, concernant un appui renforcé à la sécurité.
Le Panama, coauteur de la résolution avec les États-Unis, a dénoncé des conditions sécuritaires inacceptables et appelé à des engagements clairs et concrets. La représentante américaine, de son côté, a rappelé que le BINUH n’était qu’un élément parmi d’autres de la réponse internationale, tout en exhortant les bailleurs à augmenter leur soutien à Haïti.
Un mandat reconduit, une population à bout
Soulignons que des voix ne cessent de dénoncer le pays qui s’effondre sous le poids de la violence, de l’instabilité et de la pauvreté extrême. De ce fait, la communauté internationale ne peut plus se contenter de résolutions diplomatiques. La population haïtienne attend des réponses tangibles, pas seulement des mots.
Vladimir Predvil
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