Le SKL accuse le secteur privé de vouloir confisquer la transition politique
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Sant Karl Lévêque dresse un tableau accablant de la conjoncture actuelle. Il lance un appel à une mobilisation populaire pour empêcher le secteur privé de présider le Conseil présidentiel de transition.
L'organisation de défense des droits humains rappelle qu'Haïti fait face ces jours-ci à un ensemble de situations sociopolitiques et économiques qui sont sans précédent depuis sa fondation. Arguant que ces situations catastrophiques ne sont pas des fatalités historiques, mais les fruits de toute une série de décisions prises par les élites économiques et politiques, qui ont elles-mêmes la responsabilité d'orienter la société haïtienne au bon port selon les aspirations de ses ancêtres.
Le SKL affirme que ces cinq (5) dernières années, le niveau et la qualité de vie de la population haïtienne deviennent de plus en plus désastreux en raison de la prolifération de groupes armés et criminels sur le territoire national. Au niveau humanitaire, en 2025, six (6) millions de compatriotes auront besoin d’assistance humanitaire, soit une hausse d'environ un demi-million par rapport à l’année précédente ; au niveau économique, le pays fait marche arrière depuis des années, les recettes fiscales ont considérablement chuté, les investissements privés sont réduits et l’inflation bat son plein, ce qui réduit sérieusement la consommation privée.
De plus, au niveau sécuritaire, c’est plus qu’une situation infernale : près de deux (2) millions de personnes se retrouvent en situation de migration à l’intérieur de leur propre pays des milliers de personnes sont tuées trimestriellement des dizaines de cas de viols sur des jeunes filles vivant dans les quartiers occupés par les groupes criminels plusieurs centaines de maisons appartenant à des membres de la population haïtienne ont été détruites.
Parallèlement, SKL impute la responsabilité à l'élite économique, qui n’a jamais agi dans l’intérêt de la nation haïtienne. Estimant que cette classe a contribué activement à l’instabilité généralisée qui gangrène la société haïtienne par le financement des groupes armés, la circulation d’armes dans les quartiers populaires et la promotion d’un climat de terreur elle orchestre sciemment une dynamique de destruction qui précipite le pays dans un gouffre sans fond et participe à la déstabilisation du pays en alimentant la violence dans les quartiers populaires, notamment par la diffusion d’armes et de munitions.
Fort de ces considérations, Sant Karl Lévêque (SKL) rejette d'un revers de main l'idée de laisser gouverner le pays à ce secteur. « Ce que prépare le secteur privé haïtien à travers sa prise de pouvoir à la tête du Conseil présidentiel de transition (CPT) n’est rien d’autre qu’un braquage politique, un passage en force visant à transformer son hégémonie économique en domination politique totale», lit-on. Ajoutant que le 7 août 2025, ce n’est pas une simple rotation de présidence qui est en jeu, c'est l’avenir du pays, la dernière partie d’échecs, le rêve de la jeunesse c’est une tentative de confiscation de la transition par les mêmes personnes qui ont contribué à l’effondrement économique et institutionnel du pays, les mêmes individus qui rendent le pays ingouvernable en créant des gouvernements de transition permanentement.
Ainsi, SKL soutient que permettre au secteur privé de présider le CPT, c’est donner à ceux qui exploitent le pays les clés de l’État pour se protéger et continuer leur quête, se légitimer et continuer à nuire en toute impunité ; c’est risquer de transformer la transition en carnage, et les prochaines élections en mascarade, contrôlées par l’argent et la peur.
Pour contrecarrer l'idée d'avoir le représentant du secteur privé à la tête du CPT, SKL appelle tous les secteurs représentés au conseil, ainsi que la communauté nationale et internationale, à s'opposer à cette idée. « Cette démarche de prise de pouvoir par ce secteur cache une manœuvre sournoise : obtenir le pouvoir politique afin de pouvoir négocier directement avec les gangs armés, non pas dans l’intérêt général, mais pour protéger leur implication, car certains sont fortement soupçonnés d’avoir financé l’insécurité, en utilisant ces groupes armés à leur profit. Ils veulent accéder au pouvoir pour neutraliser toute enquête, toute accusation, toute vérité qui pourrait les exposer», conclut SKL.
Sheelove Semexant
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