À Port-au-Prince, la peur a pris le pouvoir. Et l’ordre républicain s’effondre
Le fracas des armes remplace peu à peu l’autorité de l’État à Port-au-Prince. La capitale haïtienne, gangrenée par les gangs armés, n’est plus qu’un archipel de quartiers aux mains de chefs de guerre.
« Sans une action accrue de la communauté internationale, l’effondrement total de la présence de l’État dans la capitale pourrait devenir une réalité », a alerté Miroslav Jenča, responsable du continent américain à l’ONU, lors d’une réunion du Conseil de sécurité ce mercredi.
Depuis le mois de mars, les chiffres s’emballent : 1,3 million de déplacés internes – dont la moitié sont des enfants –, plus de 4.000 homicides volontaires recensés par l’ONU, dont 376 femmes et 89 mineurs, et la faim qui rôde partout en Haïti, désormais classé parmi les cinq pays les plus exposés au monde au risque de famine.
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