« Pas de changement de situation pour les migrants haïtiens en République Dominicaine sans négociations dynamiques entre les deux pays», estime Edwine Paraison de la Fondation Zile
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Pour Edwine Paraison, directeur exécutif de la Fondation Zile, la nomination de Fritz Emmanuel Longchamp au poste d’ambassadeur d’Haïti en République dominicaine ne transformera pas d’emblée la situation des migrants haïtiens dans le pays voisin.
M. Paraison estime qu’au-delà des changements de personnes, ce sont des négociations dynamiques et structurées entre les gouvernements des deux pays, qui doivent s'ouvrir sur un dialogue bilatéral solide. « Ce cadre de discussion doit servir de base à l’amélioration des relations entre les deux nations », a-t-il déclaré.
Tout en saluant la nomination de M. Longchamp, qu’il décrit comme un atout important pour le gouvernement haïtien, le responsable de la Fondation Zile souligne que sa fine connaissance des enjeux binationaux et son engagement en faveur de solutions concertées pourraient aider à faire avancer le respect des droits et de la dignité des migrants haïtiens.
Edwine Paraison rappelle toutefois que les relations entre les deux pays, gravement détériorées ces dernières années, ne se rétabliront pas du jour au lendemain. Selon lui, les difficultés des Haïtiens en situation irrégulière sur le territoire dominicain relèvent de problèmes systémiques aux dimensions sociales, économiques et politiques complexes. Toute amélioration doit donc passer par un dialogue bilatéral fondé sur la confiance, la réciprocité et le respect mutuel.
La Fondation Zile propose d’ailleurs six axes prioritaires dans ces pourparlers: la protection des droits des migrants, leur documentation et leur régularisation; la coopération binationale en matière d’éducation et de santé; le développement d’une coopération économique transfrontalière, notamment sur les marchés binationaux ; un dialogue institutionnalisé à travers la Commission mixte binationale (CMB), impliquant la société civile, les Églises et la diaspora ; ainsi que le renforcement de la sécurité aux frontières et la lutte contre le trafic d’armes et d’autres activités illicites.
Ruth Pierre, représentante de l’Institut d’Ayiti à Paris, insiste, de son côté, sur l’urgence d’entamer un dialogue constructif entre les deux États. «Il est essentiel d’identifier le vrai problème entre Haïti et la République dominicaine », a-t-elle affirmé.
Dans cette optique, le 25 juin 2025, un ciné-débat sera organisé à Paris sous le thème Hispaniola en dialogue : Construire des ponts entre Haïti et la République dominicaine. Cette initiative réunira des experts de divers secteurs dans le but d’alimenter le débat public et de formuler des recommandations susceptibles d’améliorer les relations entre les deux peuples.
Oberde Charles
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