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Insécurité : le transport interurbain, victime collatérale de la crise

Insécurité : le transport interurbain, victime collatérale de la crise

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Alors que la crise sécuritaire continue de se détériorer en Haïti, le secteur du transport interurbain paie un lourd tribut. Le syndicaliste Anderson Desroches, interrogé ce vendredi par Le National, dresse un tableau alarmant de la situation.

« La crise actuelle est multiforme, multidimensionnelle. Elle affecte tout le monde, mais frappe particulièrement notre secteur », déplore M. Desrosches, qui évoque une décapitalisation totale du transport terrestre. Selon lui, le transport routier repose sur plusieurs piliers : les routes, la sécurité, les marchandises et les passagers. Or, tous sont aujourd’hui mis à mal par l’insécurité généralisée.

« Quand les routes ne sont plus sûres, chacun devient une cible potentielle. Une simple traversée peut tourner au drame. Une balle perdue peut toucher n’importe qui. », dit-il

Depuis le 1er juin 2021, la Route Nationale #1 demeure fermée. Et d’ici décembre, cela fera trois années consécutives d’inaccessibilité en ce qui concerne la route nationale numéro 2 À cela s’ajoute la fermeture récente de la Route Nationale #3, bloquée à hauteur de Mirebalais, a-t-il rappelé.

« C’est comme si l’État avait livré ces axes stratégiques aux mains des bandits armés, au détriment des plus vulnérables », affirme le syndicaliste, dénonçant une livraison à domicile de la souveraineté nationale.

Kidnappings, viols, assassinats en plein jour, rackets à travers les postes de péage clandestins : les chauffeurs font face à une violence omniprésente et banalisée. « La situation est complexe, mais nous continuerons à la dénoncer. Car nous croyons que l’État et les groupes armés agissent de connivence. », a martelé le syndicaliste

Pour M. Desrosches, la restauration de la stabilité politique et de la sécurité est une condition sine qua non pour permettre aux citoyens de reprendre une vie normale. « Il est temps de sortir du mutisme. Le pays ne peut continuer à sombrer. Il faut un véritable dialogue haïtien pour sauver notre société, pour que nous cessions d’être une République de parias. »

II dit condamner l’inaction des autorités, qu’il accuse de complicité et d’irresponsabilité.« Ils gagotent pendant que le pays s’effondre. Leur incompétence est criminelle. », conclut-il.

Vladimir Predvil

 

 

 

 

 

 

 

 

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