Haïti - Économie
Les dépenses publiques en hausse de 18 % sur les sept premiers mois de l’exercice fiscal 2024-2025
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Les dépenses de l'Etat haïtien ont enregistré une augmentation de 18 % entre le 1er octobre 2024 et le 30 avril 2025, selon le dernier rapport publié par le Ministère de l’Économie et des Finances (MEF). Cette progression porte le solde global des finances publiques à 22,3 milliards de gourdes, contre 21,2 milliards sur la même période de l’exercice précédent.
La majorité des dépenses de l’État restent concentrées sur les charges courantes, qui représentent 94 % du total. Ces dépenses incluent notamment les salaires et avantages sociaux, lesquels continuent d’augmenter malgré une réduction du nombre de fonctionnaires. À eux seuls, les salaires constituent 55 % des dépenses courantes, soit 45,8 milliards de gourdes. Cette hausse s’explique principalement par des ajustements salariaux et la distribution de cartes de débit dans des secteurs clés tels que l’éducation, la Police nationale et l’administration fiscale.
Parallèlement, les dépenses d’investissement - bien que modestes en volume - ont connu une hausse remarquable de 142 %, passant de 2,3 à 5,6 milliards de gourdes. Selon le MEF, près de 88 % de ce montant est alloué à des projets d’infrastructure publique, témoignant d’une volonté de renforcer les capacités productives du pays malgré des ressources limitées.
Conformément au budget rectificatif 2024-2025, quatre ministères sont désignés comme prioritaires : l’Éducation nationale (MENFP), l’Agriculture (MARNDR), la Santé publique (MSPP) et les Affaires sociales (MAST). Ensemble, ils concentrent 81 % des dépenses prévues dans le cadre du programme de référence SMP signé avec le Fonds monétaire international (FMI). Le MENFP arrive en tête, absorbant près de 70 % des fonds alloués à ces ministères.
Sur le plan monétaire, les mesures mises en œuvre par le gouvernement semblent porter leurs fruits. Le financement monétaire a considérablement diminué, passant d’un déficit de 12,2 milliards de gourdes en 2024 à un excédent de 8 milliards en 2025. Par ailleurs, le Trésor public a émis plus de 90 milliards de gourdes en bons du Trésor, contribuant à la maîtrise de l’inflation.
Malgré un contexte sécuritaire et politique instable, les indicateurs témoignent d’une gestion plus rigoureuse des finances publiques. « Les dépenses publiques connaissent une croissance maîtrisée et restent structurellement dominées par les charges courantes », soulignent les techniciens du MEF. Des efforts notables sont également déployés pour améliorer la mobilisation des recettes, renforcer les investissements publics et établir des partenariats avec les bailleurs internationaux, en réponse aux besoins urgents de la population.
Oberde Charles
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